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Moscou, 27 avril
Une manifestation de protestation contre la politique du président Barack Obama s'est déroulée mardi à Téhéran devant l'ambassade de Suisse qui représente les intérêts des Etats-Unis en Iran, annonce l'agence iranienne Fars.
Début avril, à la veille de la publication de la nouvelle stratégie nucléaire américaine, Barack Obama a déclaré que l'Iran et la Corée du Nord ne respectaient pas le régime de non prolifération et ne feraient pas l'objet, pour cette raison, des restrictions frappant l'utilisation des armes nucléaires américaines. Téhéran a interprété cette déclaration comme une menace d'attaque nucléaire et a promis de déposer une plainte aux Nations unies.
Plusieurs centaines de personnes scandant des slogans anti-américains se sont rassemblés mardi dans la capitale iranienne en face de l'ambassade de Suisse. Les manifestants ont remis à un diplomate suisse une lettre dissuadant M.Obama de lancer une frappe nucléaire contre l'Iran.
"Vous, Monsieur Obama, avez reçu un Prix Nobel de la paix grâce à vos promesses d'amitié adressées aux peuple du monde, dont le peuple iranien. Cependant, en menaçant l'Iran de frappes nucléaires, vous avez ravivé le souvenir des crimes commis autrefois par les gouvernements américains. Comme vous le savez, toutes les nations du monde ont le droit d'utiliser l'énergie nucléaire à des fins pacifiques. Quant à vos déclarations au sujet des frappes nucléaires, elles sont totalement en contradiction avec le Prix Nobel", indique la lettre.
Washington et Téhéran ont rompu les relations diplomatiques bilatérales à la suite de la révolution islamique ayant entraîné la chute du shah Mohammad Reza Pahlavi. En novembre 1979, les partisans radicaux de l'ayatollah Khomeiny ont investi l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran et pris en otages 52 diplomates américains. Ceux-ci n'ont été libérés qu'en janvier 1981, après 444 jours de captivité.
Après la rupture des relations diplomatiques, Washington a décrété contre Téhéran des sanctions qui sont toujours en vigueur. Le conflit entre les deux pays s'est aggravé après la décision de l'Iran de développer son programme nucléaire national.
A l'heure actuelle, les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Russie, France, Chine, Etats-Unis, Grande-Bretagne), ainsi que l'Allemagne examinent la proposition de Washington visant à durcir les sanctions contre la République islamique. Téhéran procède pour sa part à des consultations avec les 10 membres non permanents du Conseil de sécurité en vue d'obtenir leur soutien en prévision des débats sur les nouvelles sanctions anti-iraniennes.