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Blog des amis de Dieu, de la France et de la Russie

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Cocorico enroué pour le Puy du Fou

   thumb.small.you.jpg     L’oxymore est incontournable pour qualifier les réactions françaises au sacre du parc d’attractions du Puy du Fou comme meilleur parc du monde. En effet, rarement silence n'a été aussi assourdissant. Frédéric Mitterrand n'a rien dit. Bruno Retailleau, le Brutus vendéen, n’a rien dit. Valéry Giscard de Vulcania n’a rien dit.

        René Monory n’a rien dit, mais lui c’est normal puisqu’il est mort. Et pourtant, le parc vendéen du Puy du Fou a reçu samedi 17 mars, à Los Angeles, le Thea Classic Awards 2012 par l'association internationale des parcs à thèmes. Traduction : l’oscar des oscars des parcs d’attractions au niveau mondial, devant 700 parcs et spectacles d'une quarantaine de pays. 


The Artist is Philippe de Villiers

        Le silence est peut être dû à la lassitude des Français de gagner des récompenses internationales depuis The Artist avec Jean Dujardin, on se grise facilement... Nous ne pouvons pas croire que le parc fondé en 1989 par l’homme politique Philippe de Villiers soit boudé et méprisé par le corps intermédiaire journalistique dans une optique militante. Ce serait faire affront aux professionnels de la propagande. Nous ne pouvons pas croire non plus que les mondes politiques, culturels et éducatifs aient renoncé délibérément à se réjouir pour une victoire française. Ce serait faire affront aux nombreuses préoccupations on ne peut plus graves et sérieuses qui les hantent en ces temps de campagne électorale. La personne de Philippe de Villiers n’a rien à voir avec le silence médiatique, c’est une question de conjoncture. Si Philippe de Villiers avait joué le rôle muet (fantasme de ses contradicteurs) à la place du Dujardin, tout le monde aurait sans doute fait une standing ovation bruyante. Quoiqu’il parvienne assez bien à se taire en n’étant plus candidat.

        En guise d’ovation, Villiers et ses collaborateurs se sont juste contentés de celles de Steven Spielberg et de George Lucas. Il ne sert à rien de réveiller un corps intermédiaire qui dort à Paris. A Los Angeles, le président du jury a simplement dit que le Puy du Fou faisait partie du « patrimoine mondial des spectacles qu’il faut avoir vus.» Pour un parc simplement géré par une association, bien à l’abri des subventions publiques et privées, concurrencer avec son petit budget les mastodontes type Disney, c’est apporter la preuve de la primauté de la créativité et de la culture dans le divertissement. Cela fait plusieurs années que les Etats Unis entre autres viennent essayer de comprendre le fonctionnement à la base du succès du Puy du Fou, et demander aide et conseils pour l'export de ses innovations. Il n’y a finalement qu’en France que l’on méprise le succès vendéen et que l’on méprise souvent le succès tout court.

Une arche pour l’histoire de France

        Ce qui est évidemment précieux dans ce parc d’attractions, c’est le condensé de notre culture. Le parc commence avec la fin de l’empire romain et la naissance de la civilisation chrétienne, et il s’achève avec le chemin de la mémoire, l’attraction historique du parc, illustrant le génocide vendéen commandité par la république naissante. La Cinéscénie, le grand spectacle du soir, quant à elle, pousse l’histoire jusqu’à la seconde guerre mondiale. Peu importe où s’arrête notre histoire d’ailleurs. Peu importe quand la France est morte. Ce qui est certain c’est que le divertissement créé par Philippe de Villiers représente un conservatoire de notre culture, de notre histoire. Divertir en enseignant ? Ce n’est même pas aussi prétentieux et c’est sans doute supérieur. Bien sûr les parcs d’attractions sont méprisables, bien sûr nous sommes dans la société du divertissement et des festivals, bien sûr nous sommes dans ce qu’aurait pu vomir et moquer Philippe Muray. Bien sûr. Mais si on disait que le Puy du Fou a vocation à être une arche… Si on prenait conscience que la civilisation française est en voie d’extinction et que son prolongement, sa survie est un vulgaire parc d’attraction, cela pourrait pousser certains à faire la queue grégairement pour prendre un ticket et monter dans l'arche en marche.

        Le déluge pourrait être représenté par la politique du Grand Remplacement de notre population. Ce serait faciliter le travail des obsédés de l’antiracisme. Nous préférons donc considérer que le déluge se manifeste par les multiples raisonnements anti français, anti occidentaux, et antichrétiens, de la France qui ne s’aime plus, de cette France révolutionnaire bâtie sur la haine d’elle-même, de cette France qui ne souhaite plus être désirée tout en organisant 365 jours par an de portes ouvertes. Le déluge est aussi celui des pardons pour la colonisation, pour la Saint Barthélémy, pour les croisades, pour la collaboration, pour Napoléon, pour la guerre d’Algérie, pour ne pas être rayée de la carte.

        Le Puy du Fou force au contraire le coq gaulois à bomber le torse. S’il ne reste que ça, un parc d’attractions, de notre grande civilisation, c’est sans doute pathétique, dérisoire et même humiliant. Néanmoins les Puyfolais (1) incarnent une mémoire, en vrai 3D puisqu'elle est en chair et en os, une sorte de civilisation de sauvegarde, une arche culturelle, disons-le. Le pathétique ne vient pas du parc mais de la France elle-même qui pousse quelques courageux donquichottesques à y réfugier leur mémoire. Le Thea Classic Awards ne peut pas avoir été insensible, au-delà des prouesses techniques du Puy du Fou, à la richesse culturelle d’un tel projet.

Un modèle de société


        L’ironie n’est jamais absente de l’actualité et surtout de la réalité. Imaginez : le parc du Puy du Fou reçoit l’oscar des oscars des parcs d’attractions, par ailleurs son créateur Philippe de Villiers est vu dans son pays comme un nationaliste non fréquentable, et le modèle économique créé autour du parc présente tous les aspects d’une société moderne, socialement équitable, et économiquement performante. Insupportable réalité paradoxale ! D’abord, le parc appartient à une association. Cette association est celle qui organise le grand spectacle du soir de la Cinéscénie depuis 1978 (2). Le spectacle avec 1200 acteurs sur une scène de 23 ha a fonctionné sur le principe du bénévolat. Son succès a permis d’engendrer une entreprise comme le parc d’attractions. Les chefs du jour se trouvent dirigés parfois par leurs employés le soir pour la Cinéscénie, dans une réversibilité très professionnelle. L'entreprise du parc a permis de hisser l’artisanat au niveau de l’excellence avec 60 savoir-faire ou technologies de spectacle où les Puyfolais sont pris en référence mondiale. En 1998, des académies juniors ont été fondées pour former les futurs techniciens et artistes du Puy du Fou. Le puzzle sociétal est ainsi assemblé et permet la croissance.

       Bref, au-delà du parc d’attractions, un modèle social a été créé. On pourrait même dire, si on considère les changements de rôles entre le jour et le soir, un modèle de révolution permanente à faire pâlir Mélenchon... Tous les concepts modernes sur la solidarité intergénérationnelle, sur l'économie responsable, sur le développement durable, etc. toutes ces idées "nouvelles" qui s'habillent si facilement de dialectique moralisante semblent s'incarner sans grand discours dans ce coin de Vendée. En toute modestie, Villiers, The Artist qui a écrit l'ensemble des spectacles depuis 35 ans, a créé également une société, un monde de laboratoire où se rencontrent une économie vertueuse, une organisation politique équilibrée, un projet culturel ancré dans les racines locales. Le ciment de cette réussite est d'une évidence arrogante pour les ennuyeux fonctionnaires parisiens de la culture : l'attachement à un territoire et le souffle d'un homme.

Maximilien Friche

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