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Kiev, 23 mars
Les écoliers et les étudiants en Ukraine choisiront eux-mêmes leur langue d'enseignement, a déclaré mardi le nouveau ministre ukrainien de l'Education et de la Recherche, Dmitri Tabatchnik, dans un entretien accordé à un quotidien de Kiev.
"Un groupe de travail en voie de constitution se penchera sur les questions les plus douloureuses de l'éducation, dont celle de la langue d'enseignement. Il faudra respecter le principe selon lequel les parents des écoliers et les étudiants choisiront eux-mêmes la langue d'enseignement", a expliqué le ministre.
Selon lui, il ne s'agit pas de "russifier" l'enseignement, contrairement aux affirmations des nationalistes, mais de respecter les droits de l'homme.
A son avis, il ne faut pas priver "la majorité écrasante des citoyens ukrainiens" du droit d'étudier dans leur langue maternelle (russe), mais la maîtrise de l'ukrainien doit rester obligatoire, comme à l'époque de l'URSS.
Kiev, ville largement russophone, a poursuivi le ministre, représente un problème à part, avec six écoles secondaires seulement où l'enseignement est dispensé en russe.
"En avril, je convoquerai les directeurs des 500 écoles de la ville pour leur demander comment ils comptent exécuter la loi ukrainienne concernant le droit des parents de choisir la langue d'éducation de leurs enfants", a-t-il annoncé.
Pour ce qui est des établissements d'enseignement supérieur, maintenant, plus autonomes, "ils pourront également se montrer plus souples dans le choix de la langue dans laquelle seront dispensés les cours".
L'"Ukraïnisation" forcée menée depuis l'indépendance en 1991 s'est particulièrement accélérée après 2005, année de l'arrivée au pouvoir du président Viktor Iouchtchenko. Pratiquement tout l'enseignement secondaire et supérieur, dans un pays où des régions entières (Sud, Est, Crimée, centre) sont russophones est désormais dispensé uniquement en ukrainien.
Lors de sa campagne électorale, le nouveau président Viktor Ianoukovitch a promis de faire en sorte que le russe soit largement utilisé dans les régions à population russophone.