Blog des amis de Dieu, de la France et de la Russie
Rentrée à Bourges fin septembre 1429, Jeanne se morfond dans l'inaction. Comme elle s'en plaignait, on l'envoya fin Octobre avec une petite troupe faire le siège de Saint Pierre le Moutier. La ville fut prise dans la première semaine de Novembre. Le 24 de ce mois, on l'envoie faire la même chose à la Charité sur Loire. Faute d'artillerie, elle dut se retirer après un mois environ. Nous sommes peu renseignés sur ses occupations, ni sur les lieux où elle a habité pendant cet hiver 1429 -1430. On sait seulement qu'elle passa l'hiver à Jargeau et qu'elle fut reçue avec fête à Orléans le 19 Janvier 1430.
Au mois de Mars, Jeanne qui se tenait au courant des événements, apprit que la situation militaire au Nord de Paris était inquiétante, notamment que les habitants de Reims demandaient de l'aide car ils allaient être assiégés. Elle se rendit alors à Sully-sur-Loire vers le 12 de ce mois pour rencontrer le roi qui s'y trouvait et obtenir qu'il prenne une décision. Une fois de plus, comme le roi ne voulait rien faire, de sa propre autorité, elle quitta Sully le 29 Mars avec sa maison militaire et arriva à Lagny sur Marne à la fin du mois. Cette dernière campagne de Jeanne qui s'étend du 1° Avril au 23 Mai 1430, date de sa capture devant Compiègne, nous est peu connue. Pendant la semaine sainte du 17 au 23 Avril, Jeanne reprit aux Bourguignons le château de Melun. C'est sous les murs de cette ville et pendant cette semaine là, qu'elle apprit pour la 1° fois par ses voix ce qui allait lui arriver : "Jeanne, tu seras prise avant la Saint Jean. Il faut qu'il en soit ainsi. Ne t'étonne pas, prends tout en gré". C'est à Lagny qu'elle ressuscita un enfant. Elle y remporta encore un succès dans les environs. Ensuite, elle se dirigea vers Compiègne où elle entra le 13 Mai avec 2000 hommes. La ville était commandée par Guillaume de Flavy. Pendant ces dix derniers jours de liberté, elle dirigea des opérations à Soissons et à Crépy en Valois. C'est de ce lieu qu'elle se rendit à Compiègne dans la nuit du 22 au 23 Mai.
Puis ce fut le guet-apens préparé à la demande de La Trémoïlle par Guillaume de Flavy. Jeanne et sa troupe furent envoyées le soir même de son arrivée dans une direction où les attendaient les Bourguignons ce qui les obligea à rentrer à Compiègne. Ils trouvèrent le pont-levis dressé. Jeanne se défendit mais fut obligée de se rendre.