Blog des amis de Dieu, de la France et de la Russie
Dimanche 8 août, deux ans se seront écoulés depuis le jour du lancement de l'offensive de la Géorgie, sur ordre de Mikhaïl Saakachvili, contre l'Ossétie du Sud. En ces jours du mois d'août, la population d'Ossétie du Sud, avec l'aide de la Russie, avait dignement fait face à cette dure épreuve, la guerre.Toutefois, l'épreuve par la paix, à laquelle l'Ossétie du Sud tente de faire face depuis deux ans, a soulevé de nombreux problèmes et, en même temps, a montré clairement les objectifs à atteindre aussi bien pour les autorités que pour les simples habitants.
D'une part, la reconnaissance de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de la fraternelle Abkhazie par la Russie, puis par le Nicaragua, le Vénézuela et le Nauru, a lancé le processus de l'ascension des deux républiques sur la scène politique mondiale. En juillet, les délégations de Soukhoumi et de Tskhinvali, présidées par Sergueï Bagapch et Édouard Kokoïty, pour la première fois dans l'histoire, sont venues en visite officielle au Vénézuela et au Nicaragua. Les parties ont conclu plusieurs accords et se sont entendues sur le régime sans visa pour les citoyens de leurs pays respectifs. Plus tôt, les ambassadeurs des pays latino-américains avaient remis des lettres de créance aux présidents des jeunes républiques transcaucasiennes.
D'autre part, la situation au sein même de l'Ossétie du Sud montre que le processus de réhabilitation est difficile.
Selon les informations du ministère des Affaires étrangères, lors de l'agression géorgienne, 2 139 logements et locaux ont été partiellement détruits et 665 immeubles d'habitation ont été détruits et brûlés sur le territoire de Tskhinvali et d'autres localités de l'Ossétie du Sud.
Mais, comme l'a déclaré le président Édouard Kokoïty, à l'heure actuelle, seuls 110 immeubles ont été reconstruits. 429 immeubles sont toujours en construction, dont 200 presque terminés.
Ainsi, des centaines d'immeubles ne sont pas encore reconstruits. Certains experts lient la lente réhabilitation de la république aux problèmes institutionnels. Cela se traduit, en particulier, pas le fait que les autorités ne possèdent pas encore la flexibilité, l'efficacité et la mobilité nécessaires pour résoudre efficacement des problèmes aussi complexes, même en bénéficiant de l'aide considérable de la part de la Russie.
Et cette aide, selon le premier ministre Vladimir Poutine, compte tenu des fonds hors budget et de l'aide apportée par les régions russes (de 2008 à aujourd’hui), a déjà atteint 26 milliards de roubles. Lors de son interview à RIA Novosti, le porte-parole du ministère russe du Développement régional a précisé que rien que cette année, 5,7 milliards de roubles du budget fédéral ont été alloués à la réhabilitation de l'Ossétie du Sud. L'interlocuteur de l'agence a expliqué que la Russie avait déjà entièrement financé la construction de 322 immeubles d'habitation en Ossétie du Sud.
L'incohérence des informations fournies par l'Ossétie du Sud et par le ministère du Développement régional trouvent aujourd'hui diverses explications. Les premiers parlent de corruption, d'autres accusent les près de 50 organisations intermédiaires, invitées par les autorités de l'Ossétie du Sud, d’être impossible à surveiller, surtout si chacune d'elle construit à sa manière. D'autres disent que la question concernant la réhabilitation de l'Ossétie du Sud devrait être résolue par la population locale, plutôt que par les cadres étrangers (de Russie).
La question de la formation de ses propres cadres est l'un des principaux et des plus graves problèmes actuels en Ossétie du Sud. Le président de la république a lui-même reconnu à maintes reprises le manque crucial de spécialistes qualifiés dans tous les secteurs.
La pénurie de personnel est la raison partielle d'un autre problème important qui n'a toujours pas été résolu durant les deux dernières années : le problème de l'image de la république aux yeux des pays occidentaux.
La propagande des États-Unis et de la Géorgie a montré l'Ossétie du Sud à la communauté mondiale en tant que régime criminel, incapable de mener sa propre politique extérieure.
Et les négociateurs d'Ossétie du Sud de d'Abkhazie sont accusés par les partenaires occidentaux de résultats trop modestes des débats de Genève sur la sécurité en Transcaucasie. Toutefois, "le vice" principal imputé à l'Ossétie du Sud par la propagande est le fait que la république "se cache derrière la Russie et suive les instructions de Moscou".
Durant les deux années qui ont suivi l'indépendance, les autorités de l'Ossétie du Sud n'ont pas réussi à détruire ce stéréotype. Selon l'avis de certains observateurs, le gouvernement n'a rien fait dans ce sens.
Aujourd'hui, au-delà des frontières de la république, en particulier en Russie, un nombre important de ressortissants d'Ossétie du Sud de diverses spécialités et hautement qualifiés travaillent dans la structure gouvernementale de la Russie. Leur implication dans la résolution des problèmes de la république, selon l'avis des experts, pourrait apporter une contribution considérable pour faire de l'Ossétie du Sud un Etat autonome. Cela aurait également montré que l'Ossétie du Sud est capable de s'auto-organiser et qu'elle a suffisamment de ressources humaines et de potentiel de développement.
Le retour de la population d'Ossétie du Sud au pays témoignerait du renforcement de l'Etat, de l'amélioration de la qualité de vie et du niveau économique et social.
Selon certains experts, aujourd'hui, la république a besoin de la formation de sa propre élite politique. Et la transformation en un acteur politique indépendant sur la scène de la politique extérieure aurait dissipé en grande partie le mythe de la propagande occidentale.
La formation du concept de développement économique et des bases économiques de l'indépendance de l'Ossétie du Sud pourrait transformer la république d'une région subventionnée en un état autosuffisant.
Heureusement, les autorités républicaines ont encore le temps d'évaluer la situation et de tout faire pour qu'elle devienne stable, et pour que l'Ossétie du Sud, économiquement renforcée, se transforme en un partenaire fiable de la Russie.