Blog des amis de Dieu, de la France et de la Russie
Deux praticiens ont été attaqués à l'arme blanche en moins d'une semaine.Comment soigner sereinement dans un climat d'insécurité croissante ?
Telle est l'interrogation de nombreux praticiens suite aux agressions à l'arme blanche d'une gynécologue-obstétricienne à la clinique de Soyaux (Charente), jeudi dernier, et d'un médecin gastro-entérologue à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne). Ce dernier a été poignardé mardi par une femme déguisée en infirmière. Dans ces deux établissements, la tension et l'émoi sont palpables. Cette question de l'insécurité du personnel soignant s'était déjà posée après le meurtre de deux infirmières paloises par un ancien patient schizophrène, en décembre 2004.
Violence des patients
Deux organismes sont aujourd'hui chargés d'analyser les faits de violences subis par les médecins. Or l'Observatoire de la sécurité des médecins, créé en 2004 par le Conseil national de l'Ordre, notait, principalement chez les généralistes libéraux, une nette aggravation des violences en 2009. Celles-ci, verbales ou physiques, émanent le plus souvent du patient lui-même. Les départements de Seine-Saint-Denis, du Val-d'Oise, de l'Isère, de Seine-Maritime, du Nord ou du Val-de-Marne sont les plus touchés. Le Dr Bernard Le Douarin, en charge de l'Observatoire, indique que ces tendances devraient être confirmées dans les chiffres 2010 en cours d'analyse. Il se montre «très préoccupé» et indique que l'Observatoire travaille à l'élaboration d'outils pour lutter contre ce phénomène, en collaboration avec les ministères de la Santé, de la Justice et de l'Intérieur. Un «socle» de travail commun est donc attendu par les médecins sur le terrain. Encore faut-il résoudre pour cela le problème du non signalement, fréquent, de ces agressions par leurs victimes.