Blog des amis de Dieu, de la France et de la Russie
Dans notre temps et notre monde, quels sont les éléments qui donnent une « valeur ajoutée » à la Monarchie et en font, non pas seulement une option « sympathique » mais une nécessité politique ? Ainsi, il faut bien reconnaître que les arguments historiques, aussi probants soient-ils, n’ont-ils guère d’impact positif sur les esprits de nos contemporains, souvent « formatés » intellectuellement sur des critères « républicains » (le terme plus exact serait « républicanistes » même s’il n’a pas encore trouvé sa place dans le dictionnaire…) qui ne laissent guère de prise aux arguments monarchistes « classiques », du type « les rois qui ont fait la France » : car, si cette formule est tout ce qu’il y a de plus vraie sur le plan territorial et si son pendant (« elle se défait sans roi ») l’est tout autant, nos contemporains, s’ils peuvent même souvent l’admettre, n’en tirent rien d’autre qu’une sorte de reconnaissance qui ne fait des règnes capétiens, valois et bourbons, que des passages désormais « passés »… S’inclinant à Saint-Denis sur les tombeaux des rois, ils ne voient plus les souverains que comme des statues appartenant à une époque glorieuse et tellement lointaine qu’elle semble se confondre avec les brumes de l’imaginaire ou du légendaire, du type Aragorn, roi vaillant du « Seigneur des anneaux »… D’autre part, la France leur semble une telle évidence, trouvée dans leur berceau, qu’ils n’en voient plus la longue maturation, construction et existence, et qu’ils n’en ressentent même plus la fragilité ou, parfois, l’utilité, préférant le rêve européen ou les délices du néo nomadisme de la mondialisation.