Décidément, chaque jour apporte sa « révélation » dans l’affaire Bettencourt-Woerth, et le nœud semble se resserrer sur la gorge du ministre tandis que la Suisse, les banquiers et autres exilés fiscaux s’en donnent à cœur joie pour « informer » la presse sous toutes ses formes : de franco-française, « l’Affaire », dont on ne sait plus trop si elle concerne d’abord la milliardaire ou l’homme politique, devient internationale !
Au-delà de M. Woerth, qui apparaît de plus en plus comme un bon commis du système politico-financier capitaliste (et sans doute rien de plus ni de moins…), c’est tout un état d’esprit et tout un système même de Pouvoir, de ses relations avec l’Argent, de sa légitimité même, qu’il faut discuter et remettre en cause aujourd’hui comme ils l’étaient déjà par un Bernanos ou un Péguy, un Maurras (dans « l’avenir de l’intelligence » en particulier) ou, dans un autre style, un Brassens. Après tout, cette affaire n’est pas la première et elle est même récurrente dans notre République, y compris dans ces dernières années de régime sarkozien, et cela malgré la promesse (vaine ou hypocrite, ou les deux à la fois) du président actuel d’instituer une « République irréprochable »…
Il n’y a pas de « République propre », quoi que l’on fasse, et l’histoire nous le montre aisément, répétitivement, de façon presque acharnée ! Ce n’est pas une malédiction de la République, c’en est juste une fatalité, inscrite dans son essence même, depuis les touts premiers temps, dès 1792, lorsque Danton mettait la main sur le Trésor de la Couronne pour le piller et s’en servir à ses fins, y compris diplomatiques. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas des républicains honnêtes : il y en a, certes, et beaucoup même. Mais leur République « idéale » n’existe pas, ne peut pas exister, pour la simple raison que la République est née, en France, de l’appétit de l’Economique et de sa volonté de plier le Politique à ses fins propres, tout simplement !