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La sénatrice UMP Chantal Jouanno remet ce lundi les résultats de sa mission sur l'«hypersexualisation» des petites filles. Jean-Yves Hayez, psychiatre infanto-juvénile et professeur émérite à l'Université catholique de Louvain (Belgique), apporte pour 20 Minutes son éclairage sur ce phénomène.
Que signifie le terme d'«hypersexualisation»?
Ce terme n'est pas approprié, car il peut vouloir dire deux choses: soit on parle des jeunes filles, à partir de 9 ou 10 ans, qui s'habillent de façon provocante, soit on parle d'un phénomène tout à fait différent, le fait que davantage d'enfants ont une activité sexuelle. Ce n'est pas la même chose, car en s'habillant de façon provocante, les enfants ne cherchent pas du «sexuel», comme le sous-entend le mot hypersexualisation. On est plutôt dans l'affirmation de soi comme petit homme ou petite femme. On parle bien de «sexué», l'affirmation de ce que l'on croit être le féminin ou le masculin, pas de «sexuel».
Cette recherche précoce du sexué pose-t-il problème?
En ce qui concerne le phénomène illustré par les photos parues l'an dernier dans Vogue [une fillette de 10 ans maquillée et photographiée dans des poses lascives, ndlr], il y a deux problèmes un peu différents. D'une part, le groupe relativement étoffé de fillettes ou de préadolescentes, le tout-venant, qui s'habillent comme des «lolitas». Elles le choisissent, mais si elles existent, c'est aussi parce qu'il y a une société, qui, pour se faire du fric, les y pousse. Je le regrette un peu, mais c'est le problème de l'enfant consommateur, on les incite à acheter des tas de choses, y compris des vêtements. Ma position là-dessus, c'est de ne pas dramatiser, mais de ne pas se réjouir non plus. En tout cas, ce n'est pas avec des interdictions ou des décrets (...)