Blog des amis de Dieu, de la France et de la Russie
En Grèce, les électeurs ont rejeté l'austérité lors des élections législatives du dimanche 6 mai.
Du coup, les deux partis qui incarnent et tentent de mettre en oeuvre cette austérité, les conservateurs de Nouvelle Démocratie, et les socialistes du Pasok (13% des voix) sortent largement affaiblis du scrutin, même si la droite arrive en première place, avec près de 19% des suffrages. Et ce sont deux partis extrêmes qui remportent la donne : la gauche radicale de la formation Syriza arrive en deuxième positon, avec 17% des voix, tandis que la formation néo-nazie Aube dorée obtient 7% des suffrages et entre au Parlement. D'où une question sans réponse franche pour l'instant : qui va gouverner le pays en pleine crise sociale ?
Le président du Parlement grec a parfaitement résumé la situation dans laquelle se trouve la Grèce ce lundi matin 7 mai 2012 : « Je souhaite que les partis politiques assument leurs responsabilités dans cette période cruciale pour le pays ». C'est dire que la formation d'un gouvernement n'est pas acquise, vu l'éclatement des résultats.
Dans les urnes, les Grecs ont massivement désavoué les deux partis traditionnels de gouvernement, Nouvelle Démocratie et Pasok qui, depuis le mois de novembre, ont mis en place ensemble une politique d’austérité très dure imposée par l'Union européenne et le FMI en échange de l'aide financière octroyée à Athènes. De plus, le dirigeant de Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras, arrivé en tête, avait dit durant la campagne, qu'il souhaitait gouverner seul, sans les socialistes. Avec seulement 108 sièges, alors que la majorité est fixée à 150, il ne pourra pas tenir son engagement.
De plus, selon la Constitution, il ne dispose que de trois jours pour former un gouvernement de coalition. Au terme de ce délai, le chef de l'Etat devra confier cette mission au parti arrivé en deuxième position, c'est-à-dire à la formation de la gauche radicale Syriza, qui rejette l'austérité et demande une renégociation des accords passés avec le FMI et l'Union européenne. Une perspective inacceptable pour Bruxelles. La Commission européenne a été claire ce matin : le futur gouvernement grec doit respecter les engagements pris.
Bruxelles rappelle Athènes à ses engagements pour continuer à bénéficier de l'aide européenne
Confronté au refus des Grecs de supporter davantage l'austérité qui leur est imposée depuis 2010, Antonis Samaras, chef du parti conservateur Nouvelle Démocratie arrivé en tête dimanche 6 mai 2012 aux législatives, a la lourde tâche de constituer un gouvernement qu'il qualifie lui-même de salut national.
Pour parvenir à réunir une majorité, ce qui est loin d'être acquis, il envisage d'adoucir les réformes en cours jusqu'au retour de la croissance et de la paix sociale. De son côté le Parti socialiste, le Pasok, propose un étalement des mesures d'austérité sur trois ans au lieu de deux pour sauver l'essentiel : le maintien de la Grèce dans la zone euro.
Cette tentative de compromis entre les exigences des marchés financiers et la volonté démocratiquement exprimée par les Grecs a été immédiatement contrée par la Commission européenne. Bruxelles rappelle la Grèce au respect des engagements pris dans le cadre du plan d'ajustement qui conditionne le versement des aides de l'Union européenne et du FMI.
De la même façon, la chancelière allemande Angela Merkel continue à affirmer que les réformes en cours sont la meilleure voie vers une sortie de crise.