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Les Frères musulmans, qui avaient annoncé qu'ils ne brigueraient pas la présidence égyptienne, sont revenus sur leur décision en désignant Khairat Al-Chater comme candidat au premier tour de l'élection présidentielle, les 23 et 24 mai.
Al-Chater, un informaticien devenu influent homme d'affaires, est considéré comme le numéro deux de la confrérie et comme son principal financier. Pendant des mois, les Frères ont assuré vouloir soutenir un candidat d'union, compatible avec leurs idées, mais pas affilié à leur formation, afin de ne pas donner le sentiment de vouloir accaparer le pouvoir. Leur revirement a été précédé de plusieurs jours de débats internes houleux.
La confrérie a expliqué qu'elle avait changé d'avis en constatant que ni les autres candidats, ni le Parlement n'étaient en mesure de répondre aux 'demandes de la révolution', une critique implicite envers la gestion de la transition par le Conseil suprême des forces armées (CSFA) au pouvoir. 'Nous avons donc décidé de participer à la présidentielle, pas parce que nous sommes avides de pouvoir mais parce que la majorité parlementaire ne peut pas jouer son rôle', a justifié Mohamed Morsy, président du parti Liberté et Justice (PLJ) des Frères musulmans.
GRAND FAVORI PAR DÉFAUT
Le secrétaire général de la confrérie, Mahmoud Hussein, a estimé que 'la révolution et le processus démocratique sont réellement menacés' par la présence à la présidentielle de candidats issus de l'ancien pouvoir. Sont visés l'ex-chef de la Ligue arabe, Amr Moussa, ministre des affaires étrangères sous Hosni Moubarak, le dernier premier ministre du raïs déchu, Ahmad Chafic, ou l'ex-chef des services et longtemps ennemi juré des islamistes, Omar Souleimane.
Les relations entre le PLJ et le CSFA, qui a jugé dès la fin des élections que la nouvelle Assemblée n'était 'pas représentative' de la société égyptienne, se sont encore tendues ces dernières semaines