Blog des amis de Dieu, de la France et de la Russie
La minorité chrétienne s'inquiète des violences d'origine confessionnelle depuis la révolution. Elle redoute l'avènement d'un pouvoir islamiste.
Ils brandissent des croix comme d'autres tendent le Coran, crient leur colère, appellent au secours. "On demande la protection de l'Amérique et de l'Europe", s'époumone Mina, 23 ans. Comme lui, des centaines de coptes - ces chrétiens présents en Egypte depuis le IIIe siècle - campaient toujours devant le bâtiment de la radio-télévision d'Etat, plus d'une semaine après la mort de 15 personnes, le 7 mai au Caire, dans des affrontements confessionnels. Mina a traversé le Nil depuis le quartier populaire d'Imbaba, où les violences ont éclaté après une simple rumeur selon laquelle une chrétienne convertie à l'islam était séquestrée dans une église. Une manifestation organisée par des salafistes, radicaux islamistes, a dégénéré en fusillade, puis en véritable bataille rangée.
Les autorités ont dénoncé un "complot contre-révolutionnaire" et arrêté des membres de l'ancien parti d'Hosni Moubarak, aujourd'hui dissous. Mais cela n'a pas apaisé la minorité copte (6 à 10 % de la population), inquiète de la montée des violences depuis la révolution. "Le gouvernement et l'armée pourraient arrêter tout cela s'ils le voulaient, mais ils ne veulent rien faire contre les salafistes", accuse Mina. Depuis, les autorités ont promis de traiter le problème d'une "main de fer". Mais de nouveaux incidents ont éclaté le 14 mai, avec des jets de cocktails Molotov sur les coptes rassemblés devant la télévision, faisant des dizaines de blessés.
La veille, des milliers d'Egyptiens avaient manifesté sur la place Tahrir, symbole de la révolution, pour défendre l'"unité nationale". "Les coptes se sentent abandonnés, il faut leur témoigner notre soutien", a appelé sur Twitter Gigi Ibrahim, une des figures de la coalition des jeunes pour la révolution. "Des musulmans qui nous soutiennent ? On n'en voit pas beaucoup ici"