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Moscou, 16 avril
Le coup d'Etat au Kirghizstan est le résultat de l'absence de solides institutions démocratiques qui montre le danger d'un retour à la politique des années 1990 pour la Russie, a estimé vendredi le premier chef adjoint de l'administration présidentielle russe Vladislav Sourkov.
"Les événements au Kirghizstan, ce n'est pas une simple crise politique… C'est un exemple tragique de ce qui arrive à une société incapable de créer un Etat fort", a-t-il déclaré à RIA Novosti dans les couloirs du congrès du mouvement de jeunes russes Nachi ("Les Nôtres").
Cela arrive, selon le représentant du Kremlin, "quand de solides institutions démocratiques sont remplacées par d'autres choses, quand notamment les clans se substituent aux partis (politiques), la corruption à l'économie, les prêts étrangers à la Trésorerie publique, les pogroms aux élections, la foule de pillards à la société civile et les ambitions personnelles à la volonté de la majorité".
"Presque comme dans la Russie des années 1990… Ainsi, la leçon tirée (par la Russie) des événements au Kirghizstan est simple et claire: ne jamais revenir en arrière, dans les années 1990, mais seulement aller de l'avant. Un puissant Etat pour une nation puissante. Un Etat puissant signifie un Etat juste, souple, compatissant et ouvert aux changements", a indiqué M.Sourkov.
L'opposition kirghize est arrivée au pouvoir à la suite d'une série de manifestations de l'opposition qui ont vite dégénéré en heurts entre manifestants et forces de l'ordre. Les troubles ont fait 84 morts et près de 1.500 blessés. Le président déchu Kourmanbek Bakiev a quitté jeudi le pays après avoir signé son acte de démission.