Blog des amis de Dieu, de la France et de la Russie
Soukhoumi, 6 mai
La diplomatie abkhaze a exprimé son indignation face à la récente décision de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) de réaffirmer son attachement aux résolutions précédentes sur l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud.
La décision a été adoptée lors de la dernière session de l'APCE tenue du 26 au 30 avril à Strasbourg.
"Les résolutions précédentes étaient franchement engagées, car elles exonéraient Tbilissi de sa responsabilité dans la tension et dans le conflit en Ossétie du Sud et en Abkhazie. Aussi ces documents ne peuvent-ils pas être considérés comme une approche objective des problèmes existant dans la région", lit-on dans un communiqué du ministère abkhaz des Affaires étrangères diffusé jeudi.
Selon Soukhoumi, l'APCE a de nouveau montré qu'elle n'avait pas de solutions constructives à proposer pour régler les conflits entre la Géorgie et les nouveaux Etats souverains: l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud.
"En soutenant l'intégrité territoriale géorgienne telle qu'elle existait à l'époque soviétique, l'Assemblée soutient la décision de Staline du 19 février 1931 prévoyant le rattachement de l'Abkhazie à la Géorgie en qualité de république autonome", estime la diplomatie abkhaze.
"L'Assemblée demande à la seule Russie l'autorisation d'élargir au territoire abkhaz le mandat de la Mission de surveillance de l'Union européenne en Géorgie, geste attestant que l'APCE refuse d'examiner les problèmes intérieurs de l'Abkhazie avec les autorités légitimes de ce pays souverain", indique la déclaration.
Les observateurs de l'UE n'ont aucune raison légale d'exercer leur mandat en Abkhazie, estime Soukhoumi, ajoutant que la Mission de surveillance "n'avait apporté aucun changement positif en matière de sécurité et continuait d'ignorer les démarches de Tbilissi visant à militariser la Géorgie et à exacerber le conflit".
Enfin, le ministère abkhaz des Affaires étrangères est indigné par le fait que tout en exprimant son inquiétude face à la tension à la frontière abkhaze, l'Assemblée refuse du même coup de constater les améliorations de la sécurité survenues dans la région à la suite du renforcement de la frontière abkhazo-géorgienne.
Dans la nuit du 7 au 8 août, la Géorgie a agressé la république d'Ossétie du Sud. L'armée géorgienne a pilonné la capitale sud-ossète, Tskhinvali, la rayant pratiquement de la carte. Pour y mettre un terme, la Russie a lancé une opération visant à contraindre Tbilissi à la paix. Fin août 2008, Moscou a reconnu l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. En réponse, la Géorgie a rompu les relations diplomatiques avec la Russie et a déclaré les deux nouveaux Etats territoires occupés. Outre Moscou, la souveraineté des deux républiques est actuellement reconnue par le Nicaragua, le Venezuela et par un petit Etat insulaire du Pacifique, le Nauru.