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Une partie sera payée mais hôpitaux et gouvernement se renvoient la facture.
Poser, dès 2012, de multiples journées de RTT -au risque de désorganiser leur établissement- ou bien les perdre définitivement. C'est le dilemme auquel sont confrontés des dizaines de milliers de médecins de l'hôpital public, préviennent leurs syndicats. Pour l'éviter, ils ont rendez-vous ce lundi soir avec le ministère de la Santé pour une séance de négociation.
Faute de les prendre au fil de l'eau, les praticiens peuvent, depuis 2002, stocker ces journées sur un compte épargne-temps. Ces CET contiendraient au moins 2 millions de journées, selon les estimations syndicales que ne nie pas le ministère. Pour autant, le risque de paralysie des hôpitaux ou de «perte sèche» pour les médecins est théorique -les praticiens hospitaliers votent en ce moment pour leurs représentants syndicaux, ce qui pousse certaines organisations à faire «monter» ce sujet. Certes, les RTT ne peuvent être conservées que dix ans, mais cela signifie que seuls les jours stockés en 2002 seront «périmés» l'année prochaine. Et surtout, la solution est déjà connue, dans ses grandes lignes.
Une partie de ces journées pourra être payée, une part convertie en points de retraite et une part effectivement prise en repos, éventuellement sous la forme d'un temps partiel en fin de carrière. Pour ces journées non travaillées, la durée maximale de stockage sera supprimée. Et il en sera de même à l'avenir, en contrepartie d'un abaissement du plafond de RTT cumulables dans le compte épargne-temps (300 jours jusqu'ici). Une façon de limiter l'ampleur du problème et de le repousser, «comme si le gouvernement considérait les élections perdues et refilait la patate chaude aux suivants», ironise le Dr Rachel Bocher, du syndicat INPH. Les médecins ont donc peu à perdre.