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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 21:30

        2953549285 1 3  Notre Père Saint Théodore naquit en 759 dans le milieu choisi de l'aristocratie de Constantinople. En ces temps troublés, où l'empereur Constantin V Copronyme persécutait les défenseurs du Culte des Saintes Images, son père Photin, gardien du trésor impérial et ministre des finances, et sa mère Théoctiste surent lui transmettre leur fermeté dans la Foi Orthodoxe et leur amour pour la vertu. Il reçut l'éducation la plus complète du temps dans les sciences sacrées et profanes, mais acquit, surtout de sa mère, un grand zèle pour l'ascèse et la prière, ainsi qu'un profond amour pour la vie monastique. A la mort de Constantin V, après le court règne de Léon IV (775-780), l'impératrice Irène assura la régence et restaura prudemment, avec l'aide du Patriarche Saint Taraise (commémoré le 25 fév.), le Culte des Images, en rappelant d'exil les Confesseurs de l'Orthodoxie. C'est ainsi qu'en 780, l'oncle maternel de Théodore, Platon (commémoré le 4 avril), put revenir à Constantinople, après être resté dix ans Higoumène du Monastère des Symboles en Bithynie. En retrouvant sa famille, il sut si bien lui inspirer l'amour de la vie monastique, qu'il décida Théodore, ses parents, ses frères et soeurs, et quelques-uns de leurs amis, à embrasser la vie angélique. Photin vendit tous ses biens et en distribua le revenu aux pauvres, à l'exception d'une propriété qu'il possédait au mont Olympe de Bithynie : le Sakkoudion, qui, par sa situation et ses conditions favorables, pouvait être transformé en monastère; car à cette époque la plupart des monastères avaient été désertés du fait des persécutions. Sous la sage direction de Platon, ils transformèrent bientôt l'endroit en un monastère cénobitique, où Théodore fit de rapides progrès. Il montrait un zèle ardent pour vaincre le moindre mouvement de sa volonté propre par l'obéissance absolue et la révélation de toutes ses pensées à son Higoumène. Malgré sa constitution délicate et son éducation raffinée, il entreprenait tous les travaux les plus pénibles de manière à en soulager les autres frères: il transportait l'eau et le bois, bêchait le jardin et se levait même la nuit, en secret, pour transporter le fumier sur ses épaules, afin de n'être pas vu et ne pas recevoir de louange. Méditant constamment l'exemple de l'infinie condescendance du Christ pour le Salut des hommes, Théodore ne vivait plus pour lui-même, mais seulement pour Dieu et ses frères, et il parvint ainsi rapidement au sommet de la sainte humilité. Comme il unissait le souvenir de Dieu à la pensée de la mort, il obtint le don des larmes avec une telle abondance qu'il ne passa pas un jour jusqu'à sa mort sans verser de douces larmes de componction pendant sa prière. Confiant en ses nombreuses qualités et en son obéissance, Saint Platon lui confia la responsabilité de la construction de l'église, laquelle fut bientôt terminée et attirait l'admiration de tous les visiteurs. Théodore y était toujours le premier pour les Offices, qu'il suivait avec vigilance et componction, et il en ressortait le dernier. Il aimait aussi s'y retirer seul la nuit, pendant de longues heures, pour y converser plus intimement avec Dieu. Il montrait une grande austérité dans l'ascèse et le jeûne, sans jamais toutefois dépasser les limites de ses forces. Il ne se rassasiait jamais, pour ne pas rendre son intelligence lourde et ténébreuse, mais mangeait de tout ce qu'on lui présentait en petite quantité, et se trouvait ainsi bien disposé pour la prière sans qu'on remarquât qu'il jeûnait. En 787, il fut ordonné Prêtre par le Patriarche Taraise et se livra dès lors à une ascèse plus rigoureuse: il ne dormait qu'une heure par nuit et consacrait tout le reste de sa longue veille quotidienne à la prière et à la méditation des Saints Pères, dont il était un disciple fervent. Saint Basile, Saint Dorothée de Gaza, Saint Nil le Sinaïte, Saint Jean Climaque étaient ses compagnons préférés. C'est en se pénétrant de leur enseignement sur le renoncement au monde et la pauvreté monastique qu'il corrigea certains excès qui s'étaient introduits au Mont Olympe: quelques moines gardaient en effet des biens personnels, avaient des serviteurs, faisaient de l'élevage. L'autorité et le sens qu'avait Théodore des grands principes du monachisme amenèrent Saint Platon à lui proposer de prendre sa place comme Higoumène du Sakkoudion, qui comptait alors près de cent moines, parmi lesquels brillaient Saint Joseph, le frère de Théodore et futur Archevêque de Thessalonique (commémoré le 14 juillet), Naucratios, Euthyme et Timothée (deux futurs Martyrs des iconoclastes), mais Théodore refusait par humilité. Quelques années plus tard, il fut cependant obligé d'accepter cette charge, à cause d'une grave maladie de Platon.

           Au début de 795, l'empereur Constantin VI (780-797) répudia son épouse, Marie l'Arménienne, pour s'unir à une cousine de Théodore: Théodote. Le Patriarche Taraise refusa de bénir cette union mais l'empereur fit tout de même célébrer le mariage par un Prêtre opportuniste: Joseph, économe de la Grande-Eglise. Saints Platon et Théodore s'élevèrent alors indignés contre cette prétention du souverain à échapper aux lois de l'Eglise et à se placer au-dessus des fidèles. Ils étaient seuls à se rebeller contre cet abus de pouvoir et, pendant plus d'un an, ils résistèrent à toutes les tentatives de concessions de l'empereur et de la cour. Finalement, Platon fut arrêté et emprisonné à Constantinople, alors que Théodore et quelques-uns de ses moines étaient envoyés en exil à Thessalonique, où ils souffrirent de nombreuses tribulations.

           Lorsqu'en 797, Constantin VI fut écarté du pouvoir au profit de sa mère Irène (797-802), Platon, Théodore et leurs compagnons (surnommés les Zélotes) furent libérés et purent rentrer au Sakkoudion dans l'allégresse de leurs disciples, avec les témoignages de respect du Patriarche, du Pape de Rome et des grands de l'empire, et l'admiration du peuple qui voyait en eux l'incarnation de l'indépendance de l'Eglise et de la fermeté de la tradition face au pouvoir temporel. Leur nouvelle installation fut pourtant de courte durée. Les fréquentes incursions des Arabes les obligèrent en effet à quitter le Mont Olympe pour trouver refuge à Constantinople, où on leur offrit le Monastère du Studion (ou plutôt Stoudion), du nom du consul romain Studius qui le fonda en 463. Ce transfert de la communauté, qui allait bientôt compter près de mille moines, fut l'occasion pour Théodore d'adapter plus strictement qu'au Sakkoudion le mode de vie commune prescrit par Saint Basile. On vivait au Stoudion une très parfaite image de la première communauté apostolique: tous «n'avaient qu'un coeur et qu'une âme, et nul n'appelait sien ce qui lui appartenait.- entre eux tout était commun» (Actes 4:32). Les moines n'avaient pas de cellule particulière, mais résidaient dans de grands dortoirs, ils ne portaient qu'un vêtement qu'ils échangeaient régulièrement. Tout s'accomplissait avec ordre et harmonie sous la direction de Théodore qui était comme la tête de ce corps aux multiples membres. De même que Moïse instituant les juges pour le peuple d'Israël (Ex. 18), il avait constitué toute une hiérarchie de moines responsables, tant pour la vie spirituelle que pour l'organisation matérielle de la communauté, de sorte qu'il pouvait rester le Père de tous et de chacun en particulier pour les décisions importantes de sa vie. Il avait réglé les Offices Liturgiques de manière à ce que les moines se trouvent dans l'église comme les Anges dans le ciel, qui chantent éternellement la gloire de Dieu avec concorde et harmonie. Pendant l'Office, il ne cessait de confesser et de recevoir la révélation des pensées de ses fils spirituels. Trois fois par semaine, pendant l'Office du matin, il prononçait une courte catéchèse, au cours de laquelle il rappelait la grandeur de la virginité, l'exigence du renoncement au monde et à sa volonté propre, la nécessité du combat permanent contre nos passions, pour que le Christ demeure et grandisse en nous. Il insistait à temps et à contre temps, reprenait, exhortait en toute patience, à l'exemple de l'Apôtre Saint Paul (II Tim. 4 : 2), en n'ayant d'autre souci que le salut de ses frères. Il composa lui même un grand nombre d'hymnes liturgiques pleins de componctions, dont le Triode de Carême, qui est en usage de nos jours. Le monastère ressemblait à une vaste ruche: chacun y avait une tâche en fonction de ses capacités pour assurer la bonne marche de la communauté et son rayonnement dans l'Eglise. On y trouvait ainsi des peintres d'icônes, des copistes de manuscrits et des enlumineurs et toutes sortes d'arts et de métiers qui firent du Stoudion le principal centre religieux et culturel du temps1.

             A la mort de Saint Taraise (806) l'empereur Nicéphore ler (802-811) s'attira l'opposition de Théodore et des Studites en élevant Saint Nicéphore (commémoré le 2 juin) de la condition de laïc au trône patriarcal et surtout en rétablissant Joseph (cf. plus haut) dans les Ordres sacrés. Platon, Joseph (alors Archevêque de Thessalonique) et Théodore furent exilés chacun dans une île différente de l'archipel des Princes. Les tentatives faites par l'empereur pour soumettre les autres moines restèrent vaines, aussi les dispersa-t-on dans toutes les extrémités de l'empire. De sa prison, Théodore encourageait ses disciples par une abondante correspondance. Deux ans plus tard, à la mort de l'empereur Nicéphore (811), les exilés purent retourner dans leur monastère et jouir d'une brève paix; mais en 815 l'empereur Léon l'Arménien reprit la persécution contre les défenseurs du Culte des Saintes Images. Théodore se révolta à nouveau contre les ingérences du pouvoir impérial dans le domaine ecclésiastique et prit audacieusement la parole pour soutenir la Foi Orthodoxe. Par ses catéchèses, ses lettres et ses traités dogmatiques, il montra que le Christ et ses Saints sont véritablement présents dans l'Icône du fait de la ressemblance de l'image avec son prototype, et que la vénération que leur portent les fidèles est une authentique confession du Mystère de l'Incarnation. Le dimanche des Palmes (815), il organisa dans les rues de la capitale une grande procession composée de mille moines qui portaient des Icônes et chantaient d'une seule voix des hymnes en leur honneur. Sa fermeté le conduisit une nouvelle fois à l'exil et à l'emprisonnement à Métope, près du lac Apolloniade en Phrygie. De là, il parvenait tout de même à envoyer un grand nombre de lettres aux Orthodoxes et à ses moines dispersés pour leur transmettre ses conseils de courage, d'endurance et d'espérance en Dieu. On essaya de l'éloigner davantage en l'envoyant à Bonita dans le Thème lointain des Anatoliques (816), où on l'enferma au sommet d'une tour, dans une chambre qu'on avait isolée en détruisant l'escalier qui y conduisait. Souffrant de l'humidité et du froid, il ne recevait pour toute nourriture qu'un morceau de pain tous les deux jours, mais ne perdait rien de son zèle. Il se disait prêt à se servir de sa propre peau comme parchemin et de son sang comme encre, afin de poursuivre sa correspondance. Et, en effet, grâce à l'ingéniosité de ses disciples, il parvenait à envoyer des lettres par centaines pour soutenir l'Orthodoxie, dans toutes les directions, jusqu'à Jérusalem, Rome et Alexandrie. Un grand nombre de ses disciples fut alors torturé et subit le Martyre; il fut lui même soumis à la flagellation et laissé comme mort, baignant dans son propre sang. On le transféra alors à Smyrne, dans une prison où il était privé de toute communication avec l'extérieur. Il ne put en sortir qu'en 820, à la mort de l'empereur. Son successeur Michel II la Traulien (820-829) avait ouvert les prisons, mais n'avait pas permis la restauration officielle des Saintes Icônes, aussi Théodore ne fut-il pas autorisé à rentrer à Constantinople, où son monastère avait d'ailleurs été occupé par d'autres moines. Il s'installa donc provisoirement avec quelques disciples au Monastère de Crescens, dans le golfe de Nicomédie et séjourna dans quelques autres lieux pour y renforcer le camp des Orthodoxes. C'est à l'issue de ces voyages que Théodore, accablé par les privations, les mauvais traitements de l'exil et les labeurs de l'ascèse, tomba gravement malade de l'estomac. Il retourna à Crescens, le corps presque réduit à l'état de squelette, mais ne cessa pas pourtant de présider à la vie de la communauté, d'enseigner et de célébrer les Saints Mystères. Il trouva finalement le repos de ses nombreux combats le 11 novembre 826, après avoir communié une dernière fois et avoir donné l'ordre à ses moines de commencer la célébration de l'Office des funérailles et de chanter le psaume 118. C'est lorsqu'ils parvinrent au verset: «Jamais je n'oublierai Tes jugements, car c'est par eux que Tu m'as fait vivre»(Ps 118:93), que Théodore rendit son âme à Dieu. Il était âgé de 67 ans.

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 19:58

        2953548609 1 3    Le Saint Martyr Mènas combattit pour le Christ pendant la persécution de Maximien (296-304). Il était originaire d'Egypte et servait dans les armées impériales stationnées à Kotyée, en Phrygie Salutaire (Asie Mineure), sous le commandement d'un certain Argyriscus. Vétéran de cinquante ans, Mènas se distinguait non seulement par sa force et sa vaillance, mais aussi par sa sagesse et sa tempérance qu'il tenait de sa foi au Christ. A cette époque le général Firmilien rassembla différentes légions, dont celle de Mènas, pour les transférer dans le pays des Berbères (Afrique du Nord). Entre autres missions, on avait chargé les soldats de s'emparer des Chrétiens qui refusaient de se soumettre aux sentences impériales. Mènas fut si scandalisé par ces mesures de répression qu'il se révolta, jeta sa ceinture à terre en signe de désertion et s'enfuit dans les montagnes situées à proximité de Kotyaion, pour y pratiquer l'ascèse et vivre avec les bêtes sauvages, dont les moeurs étaient plus douces que celles des idolâtres. Il y demeura seul un certain temps, à vaquer dans le silence et la solitude à la prière et à la purification de ses passions. Lorsqu'il eut le coeur suffisamment affermi dans l'amour du Christ, il reçut la révélation que le moment était désormais venu de s'offrir au Martyre. Il descendit donc en ville, un jour où les païens célébraient une de leurs solennités impies, et s'écria devant tous: «Sachez qu'il n'y a qu'un seul vrai Dieu: le Christ; et que ceux que vous adorez ne sont que morceaux de bois muets et insensibles!» D'abord stupéfaits de son audace, les païens se précipitèrent bientôt sur lui, le frappèrent et le livrèrent au gouverneur de la ville, qui profita de l'occasion pour offrir les supplices du Saint athlète du Christ en divertissement à la foule. Le Saint révéla sans crainte son passé et refusa toutes les propositions qu'on lui faisait de regagner sa place dans l'armée. On le flagella cruellement et on lui frotta ensuite les plaies avec du crin. Puis on le suspendit à un chevalet, on lui écorcha la peau, et on lui passa des torches enflammés sur tout le corps. En voyant sa chair tomber en lambeaux, le Saint rendait gloire à Dieu d'être ainsi délivré, par la participation aux souffrances du Christ, des tuniques de peau qu'Adam a faites revêtir à notre nature (cf. Gen 3 : 21). Il subit encore d'autres supplices, puis, sur l'ordre du gouverneur excédé, fut décapité. Avant son exécution, Mènas demanda aux quelques Chrétiens secrets qui avaient pu l'approcher, de transporter les restes de son corps en Egypte, sa patrie. Le tyran ordonna de brûler sa dépouille, mais les fidèles purent tout de même sauver une partie des précieuses Reliques et les transporter en Egypte, où on les ensevelit dignement en construisant une église en l'honneur du Grand Martyr.

           Après son départ de cette vie, Saint Mènas n'a pas cessé d'être présent auprès des fidèles: de les assister et de les secourir dans les dangers. Ses apparitions et ses Miracles sont innombrables. Parmi les plus récents, rapportons-en deux. Pendant les troubles qui suivirent la révolution grecque et les sanglantes répressions déclenchées par les Turcs contre les partisans (1826), certains Turcs d'Héracleion en Crète décidèrent de massacrer les Chrétiens qui s'étaient rassemblés dans la cathédrale, dédiée à Saint Mènas, pour célébrer Pâques. Ils allumèrent des incendies dans différents quartiers de la ville pour détourner l'attention des forces de police et encerclèrent l'église, se préparant à y pénétrer de force pour commettre leur forfait. Mais soudain, Saint Mènas apparut sous l'aspect d'une cavalier redoutable tenant une épée nue à la main. Il jeta la panique parmi les Turcs et délivra les Chrétiens du danger. En signe de reconnaissance, les fidèles d'Héracleion célèbrent chaque année, le mardi de Pâques, la commémoration de ce miracle.

            Plus récemment, pendant les combats décisifs pour l'issue de la guerre, qui eurent lieu en Afrique du Nord (1942), il advint que les troupes nazies commandées par le général Rommel, en route pour Alexandrie, s'arrêtassent près d'un lieu nommé El-Alamein (déformation arabe du nom de Saint Mènas), où se trouvait les ruines d'une ancienne église dédiée à Saint Mènas (et d'après certains, son tombeau). En face des milliers d'Allemands, armés de fer et de feu, se trouvaient de faibles forces alliées, parmi lesquelles quelques Grecs. L'issue de l'affrontement qui se préparait semblait certaine. Or, la nuit venue, Saint Mènas apparut au milieu du camp allemand à la tête d'une caravane de chameaux, strictement de la même manière qu'il était représenté sur une des fresques de l'église, décrivant les miracles du Saint. Cette apparition jeta la stupeur, puis la panique parmi les Allemands, et atteignit si fort leur moral que les alliés remportèrent brillamment la victoire. En reconnaissance, on restaura l'église du Saint et on fonda là un petit monastère.

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 19:56

    2953242543 1 3      Né vers 1840 dans cette Cappadoce chrétienne, patrie des Pères de l'Eglise, qui, malgré l'oppression turque, gardait au début de ce siècle une surprenante vivacité chrétienne, Saint Arsène était doué d'une vive intelligence. Devenu moine à l'issue de ses études, il fut envoyé comme Prêtre dans son village natal, Farassa, pour instruire les enfants abandonnés. Après son pélerinage à pied en Terre Sainte, pélerinage qu'il renouvelait tous les dix ans, on prit l'habitude de le nommer Hadjiéfendis («maître pèlerin»). Humble Prêtre de Dieu, il fut pendant toute sa vie le père et l'âme de la population. Non content de leur enseigner les rudiments de la culture grecque bannie par les autorités turques, il donnait aux pauvres grecs opprimés un exemple vivant de la grandeur et de la dignité chrétienne. Plus que toute parole ou tout enseignement, il était présence de Dieu, source abondante de grâce et de guérisons miraculeuses, non seulement au profit des Grecs mais aussi pour les Turcs. Pour quiconque se présentait à lui avec confiance, il ne se souciait pas, de connaître son origine ou sa religion, mais il cherchait seulement la prière appropriée à son cas. S'il ne la trouvait pas dans l'Euchologe, il prenait un Psaume, lisait un passage de l'Evangile ou se contentait même de poser sur la tête du malade l'Evangéliaire. Les Miracles du Père Arsène étaient devenus si naturels qu'il n'y avait pas d'autre médecin à Farassa. Il était pour tous le médecin des âmes et des corps. Ceux qui ne pouvaient pas se déplacer lui envoyaient des vêtements, il lisait la prière appropriée ou l'écrivait sur un morceau de tissu, et la guérison était tout aussi certaine. Quelquefois, cependant, la guérison ne venait que progressivement, pour le profit de ceux qui avaient besoin de s'humilier et de prendre peu à peu conscience du secours de Dieu.

          Le Père Arsène refusait tous les cadeaux qu'on lui proposait en remerciement de ses bienfaits, en disant: «Notre foi ne se vend pas!» Et il dissimulait habilement ses vertus, au moyen d'excentricités ou d'accès simulés de colère, afin d'éviter l'estime des hommes et de préserver sa tranquilité. Quand on admirait son pouvoir thaumaturgique, il répondait sévèrement: «Eh, qu'est-ce que vous pensez, que je suis un Saint? Mais je ne suis qu'un pécheur pire que vous. Ne voyez-vous pas que je me mets même en colère? C'est le Christ qui fait les Miracles que vous voyez. Moi je n'ai qu'à lever les mains et à Le prier.» De fait, quand il élevait les mains vers Dieu pour prier pour autrui, c'était comme si son âme se brisait. On avait l'impression qu'il saisissait le Christ par les pieds et ne Le laissait que lorsqu'Il lui avait exaucé sa demande.

          Il vivait dans une étroite cellule au sol en terre battue, dans le jeûne, les veilles et la prière continuelle. Deux jours par semaine, et bien souvent, il restait reclus pour se livrer à la pure contemplation, revêtu d'un sac et prosterné sur la cendre. Et ces jours-là, ceux qui venaient demander son secours, trouvant la porte close, prenaient un peu de poussière sur le seuil et se trouvaient sûrement guéris. Sévère envers lui-même, le Père Arsène était tout amour et compassion envers ses ouailles, en particulier à l'égard de ceux qui venaient confesser leurs péchés. Plus que par des «pénitences» ou des réprimandes, il guérissait les pécheurs par la charité. Il allait souvent célébrer des Vigiles dans des chapelles isolées, en marchant pieds nus, sans utiliser de monture, afin d'imiter le Christ qui allait toujours à pied et par compassion pour les animaux. A plusieurs reprises des Saints apparurent pour l'assister pendant la Divine Liturgie, et des fidèles purent admirer son visage alors transfiguré par la Lumière Divine.

            Doué du charisme de clairvoyance, le Père Arsène prédit bien à l'avance l'expulsion des Grecs d'Asie-Mineure, et organisa le départ des habitants de Farassa. Lorsque l'ordre d'expulsion vint, le 14 août 1924, le vieillard se mit à la tête de son troupeau, tel un autre Moïse, pour une exode de 300 km à pied, au milieu des Turcs menaçants. Toujours uni à Dieu, il n'en cessait pas pour autant de répandre la miséricorde divine indistinctement pour les Chrétiens et les musulmans. Conformément à ce qu'il avait annoncé à ses fidèles, il ne vécut que quarante jours après leur arrivée sur la terre grecque. Comme,il était alité à l'hôpital, quelqu'un de ses proches voulut écraser un pou qu'il avait décelé. Mais le Père Arsène s'écria: «Non, ne le tue pas le pauvre! Laisse-le manger lui aussi un peu de chair! N'y en aurait-il donc seulement que pour les vers?» Puis, se tournant vers ses visiteurs, il leur dit: «L'âme, l'âme, soignez-la davantage que la chair qui, elle, ira à la terre et sera mangée par les vers!» Ce fut son dernier sermon et son testament. Deux jours plus tard, le 10 novembre 1924, il remit en paix son âme à Dieu, avec la confiance du fidèle serviteur. Il était âgé de 83 ans. Depuis 1970, Saint Arsène n'a cessé de témoigner de la familiarité qu'il a acquise auprès de Dieu par quantité d'apparitions et de miracles advenus auprès de ses précieuses Reliques, déposées au Monastère de Sourôti, proche de Thessalonique. Son culte a été reconnu par le Patriarcat Oecuménique en 1986.

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 19:54

         Saints Olympias, Rhodion, Sosipater, Tertius, Eraste et Quartus, Apôtres
St Nonnus qui catéchisa Ste Pélagie
Saints Milos et ses disciples
St Calliopios
St Niros
St Orion
St Constantin, Prince de Géorgie

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 19:53

       2953241637 1 3   Saint Oreste était un médecin chrétien de la ville de Tyane en Cappadoce, sous le règne de Dioclétien et Maximien (284-308). Arrêté sur l'ordre du gouverneur Maxime, il refusa de renier le Christ et fut cruellement battu de verges sur le dos et le ventre. On lui brûla le dos au moyen de broches incandescentes et on frotta ses plaies avec de la saumure et du vinaigre. Amené au temple païen, il renversa les idoles par sa prière. On le renvoya alors en prison, en le privant de toute nourriture pendant une semaine. Il eut ensuite les pieds et les flancs percés de clous et fut attaché derrière un cheval sauvage qu'on lança au galop et qui le traîna sur une distance de plus de vingt-quatre milles sur un terrain pierreux. Les membres déchirés et les os brisés, le Saint Martyr rendit alors son âme à Dieu. Son corps fut jeté dans le fleuve par les païens, pour que les Chrétiens ne vénèrent pas ses Reliques.

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 19:51

        St Jean le Nain (Colobos)
St Helladios
Saints Euthyme et Néophyte, fondateur du Monastère de Dochiarou (Athos)
St Onésiphore des Cavernes de Kiev

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 19:46

    2952972509 1 3     Notre Saint Père Nectaire naquit le ler octobre 1846, en Sélybrie (Thrace), d'une couple de pauvres mais pieux chrétiens : Dimos et Marie Képhala. Nommé Anastase au Saint Baptême, il montra dès son enfance une grande piété et un goût profond pour l'étude. Comme sa mère lui apprenait le Psaume 50, il aimait à répéter le verset : «J'enseignerai Tes voies aux pécheurs ... » (Ps 50:15). Après avoir reçu l'enseignement élémentaire dans sa patrie, il fut envoyé par ses parents à Constantinople pour poursuivre son éducation, tout en travaillant comme employé dans un magasin. Le jeune garçon restait alors insensible aux troubles de la vie mondaine et se préoccupait seulement d'édifier en lui, nuit et jour, l'homme intérieur à l'image du Christ, par la prière et la méditation des écrits des Saints Pères. A l'âge de vingt ans, il quitta Constantinople pour devenir instituteur dans l'île de Chios. Il y encourageait avec zèle la jeunesse et les villageois à la piété et aux oeuvres de la vertu, non seulement par ses paroles mais surtout par l'exemple même de sa vie d'ascèse et de prière. Désirant depuis longtemps embrasser la vie semblable aux Anges, il devint moine sous le nom de Lazare, le 7 novembre 1876, dans le célèbre monastère de Néa-Moni. Ne cherchant que les choses d'en-haut, modèle de douceur et d'obéissance, il se fit aimer de tous les frères de la communauté et devint Diacre un an plus tard. Grâce à la générosité d'un pieux habitant de l'île, puis à la protection du Patriarche d'Alexandrie, Sophrone, il put compléter ses études à Athènes et obtenir le diplôme de la faculté de Théologie. En 1885, il gagna Alexandrie, où il fut bientôt ordonné Prêtre, puis consacré Métropolite de la Pentapole (ancien diocèse correspondant à la Libye supérieure). Prédicateur et secrétaire patriarcal, il fut affecté au Caire, comme représentant du Patriarche, dans l'église de Saint-Nicolas. Malgré ces honneurs, Nectaire ne perdait rien de son humilité et savait communiquer à son troupeau spirituel le zèle pour les vertus évangéliques. L'amour et l'admiration que lui portait le peuple tournèrent pourtant à son désavantage. A l'instigation du diable, certains membres du Patriarcat, jaloux de ses succès, le calomnièrent, en disant qu'il cherchait à s'attirer les faveurs du peuple dans le but de s'emparer du trône patriarcal d'Alexandrie. Comme le Saint ne cherchait pas à se justifier, mais mettait sa confiance dans la promesse du Christ qui a dit: «Bienheureux serez- vous quand on vous insultera, qu'on vous persécutera et qu'on vous calomniera de toute manière à cause de moi .. » (Mat. 5:11); il fut chassé de son siège et s'embarqua pour Athènes, où il se retrouva seul, ignoré, méprisé et manquant même du pain quotidien, car il ne savait rien garder pour lui-même et distribuait aux pauvres ses maigres ressources. Abandonnant son projet initial de se retirer au Mont-Athos, le doux et humble imitateur de notre Seigneur Jésus-Christ, préféra sacrifier son amour de la retraite au salut de son prochain. Il resta quelques années comme prédicateur (l891-1894), puis fut nommé directeur de l'école ecclésiastique Rizarios, destinée à la formation des futurs Prêtres. Sa profonde connaissance de l'Ecriture, des Saints Pères et mêmes des sciences profanes, et son autorité pleine de douceur dans la direction des hommes lui permirent de donner rapidement à cette institution une haute qualité intellectuelle et morale. Le Saint Hiérarque se chargeait de la direction et des leçons de Pastorale, mais il ne cessait pas pourtant de vivre le programme d'ascèse, de méditation et de prière d'un moine, en y ajoutant les hautes fonctions de prédication et de célébration régulière des Saints Mystères, au sein de l'école mais aussi dans la région d'Athènes.

           Nectaire gardait pourtant au fond de son coeur un amour brûlant pour la quiétude et la paix de la vie dans les monastères, aussi profita-t-il du désir exprimé par un certain nombre de ses filles spirituelles pour se retirer des troubles de la vie mondaine et fonder un monastère féminin dans l'île d'Egine (entre 1904 et 1907).

      2952972573 1 3      Malgré d'innombrables soucis et difficultés, le Saint veillait à y instaurer un type de vie cénobitique dans la fidélité scrupuleuse à l'esprit des Saints Pères. Il dépensait sans compter ses forces corporelles et spirituelles pour l'installation des bâtiments, pour la célébration des Offices et pour la direction spirituelle de chacune de ses disciples. On le voyait souvent travailler au jardin, vêtu d'une misérable soutane, ou, lorsqu'il disparaissait pour de longues heures, on devinait qu'il s'était alors enfermé dans sa cellule pour élever son intelligence vers Dieu, en la fixant dans son coeur pour y goûter la douceur du Saint Nom de Jésus. Bien qu'il ait fui tout contact avec le monde et qu'il réglât strictement les visites dans le monastère, la réputation de ses vertus et des grâces que Dieu lui avait données se répandit dans la région, et les fidèles venaient vers lui, attirés comme le métal par l'aimant. Il guérit de nombreux laïcs et des moniales de maladies qui les affligeaient, fit venir la pluie sur l'île qui souffrait de la sécheresse. Il soulageait, consolait, encourageait... Il était tout pour tous: pouvant tout dans le Christ qui habitait en lui par la Grâce du Saint-Esprit. Il était familier des Saints et de la Mère de Dieu, et ceux-ci lui apparaissaient fréquemment pendant la Sainte Liturgie ou dans sa cellule. Malgré les difficultés de la période qui suivit la première guerre mondiale, il interdisit strictement à ses moniales de mettre quoique ce soit en réserve pour leur nourriture, mais ordonna de distribuer leurs surplus aux pauvres, en se confiant au jour le jour à la miséricorde de Dieu. En plus de toutes ces tâches, Nectaire trouvait le temps de rédiger un grand nombre d'ouvrages de théologie, de morale, d'histoire de l'Eglise pour la confirmation de l'Eglise de Grèce dans la Sainte Tradition des Pères, alors souvent ignorée du fait des influences occidentales. Vivant donc comme un Ange dans le corps et faisant briller autour de lui les rayons de la lumière incréée de la grâce, le bienheureux eut encore à souffrir calomnies et injustes accusations sur son monastère, de la part de membres de la hiérarchie. Il supporta ces dernières épreuves avec la patience du Christ: sans murmure ni révolte. C'est alors qu'il fut atteint d'une douloureuse maladie pendant plus d'un an-et-demi. Il rendait grâce à Dieu de l'éprouver ainsi et s'efforça de garder son mal secret jusqu'aux tout derniers temps qui précédèrent sa mort. Après un dernier pèlerinage auprès d'une Icône de la Mère de Dieu, située non loin du monastère, il annonça à ses disciples son prochain départ pour le ciel, et fut transféré dans un hôpital d'Athènes, où, après cinquante jours de souffrances, qu'il supporta avec une patience qui édifiait tous ceux qui l'approchaient, il remit en paix son âme à Dieu (le 8 novembre 1920). Les fidèles d'Egine, ses disciples et tous les Chrétiens qui l'avaient approchés pleurèrent la perte du doux et compatissant disciple du Christ, qui, toute sa vie, avait supporté calomnies, persécutions et injustes accusations en prenant pour modèle la Divine Passion de son Maître. Mais Dieu lui a rendu gloire et, dès son repos, les Miracles ont abondé et abondent quotidiennement jusqu'à aujourd'hui pour ceux qui approchent avec foi de ses Reliques ou qui se confient à sa puissante intercession.

        Le corps du Saint resta miraculeusement incorrompu pendant plus de vingt ans, en dégageant un parfum céleste et délicat. En 1953, lorsqu'il fut finalement dissous selon les lois de la nature, on procéda à la translation de ses Reliques2 et l'on put constater alors que le même parfum s'en dégageait puissamment. Il n'a pas cessé depuis de réjouir les fidèles qui s'approchent de ces précieux restes, en leur donnant l'assurance que Saint Nectaire a trouvé accès auprès de Dieu, dans la demeure des Saints. Son culte a été officiellement reconnu en 1961 et le récit de ses miracles ne cesse d'être écrit chaque jour. Son tombeau, à Egine, est devenu un des pèlerinages les plus fréquentés de Grèce.

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 19:39

         Ste Euphrosynie la Jeune
Ste Marthe de Pskov
St Clair de Marmoutier

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 19:39

         Ste Euphrosynie la Jeune
Ste Marthe de Pskov
St Clair de Marmoutier

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 19:05

       2952630353 1 3   De toute éternité Dieu est Lumière: la seule véritable Lumière éternelle, immatérielle, infinie et absolument incompréhensible. Il repose dans le secret inaccessible de Sa Nature unique et jouit de la communion inexprimable d'amour entre Ses trois Personnes: le Père, le Fils et le Saint Esprit. Il est bon et principe de toute bonté et de tout amour; c'est pourquoi Il ne S'est pas contenté de Sa propre contemplation, mais dans la surabondance de Sa bonté Il a voulu qu'un autre participât à Sa lumière et Il a tiré le monde du non-être à l'existence. Avant de créer le monde visible, Il a amené à l'existence par Son Verbe et perfectionné en sainteté par Son Saint-Esprit la nature angélique, faisant des Puissances célestes et incorporelles ses Serviteurs zélés et ardents comme un feu immatériel. Ils sont des lumières secondes, qui reçoivent par la Grâce du Saint-Esprit les illuminations de la Lumière première et sans principe, et la participation à Son immortalité. Fidèles images de l'Essence Divine, les Saints Anges sont de nature spirituelle, dépourvus de la lourdeur du corps, toujours en mouvement, libres et raisonnables. Ils voient Dieu dans la mesure où ils peuvent l'atteindre et trouvent dans sa contemplation leur nourriture, leur stabilité et la raison même de leur existence. Bien qu'ils soient libres de toutes affections du corps, ils ne sont pourtant pas impassibles comme Dieu, car ils ont été créés par un changement (le passage du non-être à l'être). Ainsi sont-ils difficilement portés au mal, mais non à l'abri de son atteinte. C'est pourquoi ils doivent faire usage de la souveraine liberté que Dieu leur a accordée pour persévérer dans le bien et progresser dans la contemplation des Mystères Divins, sous peine d'être entraînés irrémédiablement vers le mal et l'éloignement de Dieu, et sans pouvoir alors compter, comme l'être humain, sur le repentir, car ils sont dépourvus de corps.

           Sans corps, ils ne sont pourtant pas totalement immatériels : seul le divin est véritablement sans matière et incorporel (car impassible et au-delà de tout mouvement). Ils sont circonscrits dans le temps et l'espace. Lorsqu'ils sont dans le ciel, ils ne sont pas sur la terre; et envoyés par Dieu sur la terre, ils ne demeurent plus au ciel. Leur nature subtile leur fait échapper aux limitations que sont pour nous les murs, les portes et les sceaux, lorsqu'ils sont envoyés par Dieu en mission auprès des hommes et que pour cela, ils empruntent une forme corporelle nous permettant de les voir. De même, leur légèreté et leur extrême rapidité de mouvement leur permettent de traverser l'espace presque instantanément ou de deviner les pensées des hommes, ce qui nous fait croire qu'ils sont dotés de l'omniscience divine. Mais, comme êtres créés, il ne sont toutefois ni doués d'omniscience, ni susceptibles de se trouver en deux endroits simultanément. S'ils prophétisent, c'est par grâce et par ordre divin, non par leur propre vertu.

           Dieu les a faits Ses serviteurs et les envoie ( « ange » signifie « envoyé » ) veiller sur la terre. Ils président aux peuples, aux nations et aux Eglises ( selon l'Apocalypse, chaque Eglise locale possède un Ange protecteur ), et ils assurent la marche des desseins de la Providence à notre égard: aussi bien en général que pour chacun en particulier. Dieu a placé invisiblement auprès de chacun d'entre nous personnellement un Ange Gardien, qui veille constamment sur nous, sans cesser d'être auprès de Dieu. Il nous suggère le bien par la voix de notre conscience, nous aide à éviter les pièges du Diable et attise en nous le feu salutaire du repentir lorsque nous avons péché.

           Seul le Créateur connaît le genre et, les limites de la nature angélique. Elle est une par rapport à Dieu, mais innombrable par rapport à nous. « Un fleuve de feu coulait devant Lui ; mille milliers Le servaient, et des myriades de myriades se tenaient devant Lui » dit le Prophète Daniel ( Dan. 7:10 ). Nous ne pouvons pas les dénombrer, c'est pourquoi la Sainte Tradition a coutume de les ranger en neuf ordres divisés en trois triades. La première disposition hiérarchique est celle qui est toujours auprès de Dieu et qui est immédiatement unie à lui, avant les autres et sans intermédiaire. Elle comporte les Séraphins, dont le nom en hébreu signifie : « brûlants ». En effet, leur mouvement éternel et stable autour des réalités divines leur donne le pouvoir d'élever leurs subordonnés vers Dieu en animant en eux la chaleur purificatrice et lumineuse de la vertu. Les seconds, de même rang mais de fonction distincte, sont les Chérubins, dont le nom évoque la plénitude de leur connaissance de Dieu. On dit qu'ils sont couverts d'yeux de toutes parts, en signe de leur aptitude à contempler la lumière divine. Les troisièmes sont les Trônes, sur lesquels Dieu trouve repos impassible. La seconde triade, intermédiaire, transmet avec bonté et ordre les décrets de la Providence et élève les esprits de rang inférieur vers l'imitation de Dieu. Elle se compose des Dominations, des Vertus et des Puissances. La troisième triade achève la Hiérarchie Céleste. Elle comporte les Principautés, les Archanges et les Anges. C'est par ces derniers que Dieu nous communique les décrets de Sa Providence et, comme ils sont les plus proches de nous, c'est eux qu'Il envoie sous une forme corporelle lorsqu'Il le veut.

         Dans le plan divin, l'homme, en la personne d'Adam, devait être le dixième ordre de cette Hiérarchie et devait achever la perfection de la création ( Luc 15:1-10 ). Comme il déchut et se soumit à la mort, le Christ s'est précipité du haut des Cieux pour le tirer de l'enfer. Il traversa les degrés de la Hiérarchie angélique, prit un corps et releva par Sa résurrection la nature humaine bien au-delà du rang où elle se trouvait à l'origine, en la faisant asseoir à la droite de Dieu, au-dessus des Chérubins et des Séraphins.

           Mais avant cela, au moment où Dieu créa le monde invisible, la plénitude innombrable de la Hiérarchie céleste jouissait de la lumière de Dieu et menait une ronde sacrée, simple et incessante, en chantant d'une voix forte : « Saint, Saint, Saint est le Seigneur Sabaoth (C'est à-dire « des Armées »), le ciel et la terre sont remplis de Sa gloire » (Isa. 6 : 3). Or l'esprit céleste qui tenait alors le premier rang, le plus proche de Dieu, et qui était tout irradié de Sa lumière, Lucifer, vint à tirer orgueil des privilèges qu'il avait reçus et voulut s'assimiler au Très-Haut. Il se dit: «Je monterai dans les Cieux, au-dessus des étoiles de Dieu j'élèverai mon trône, je monterai sur les sommets des nues, je serai assimilé au Très-Haut » (Isa. 14 : 14). Il n'était pas mauvais par nature; mais par orgueil, il se révolta librement contre Celui qui l'avait créé. C'est lui le premier qui rejeta le bien et choisit le mal. Il s'est détourné de la lumière pour sombrer dans les ténèbres de la privation de Dieu; c'est pourquoi, aussitôt ces paroles prononcées, il tomba de son rang élevé et fut précipité dans le gouffre de l'enfer. Comme il avait ainsi déchiré les cieux, il tira avec violence dans sa chute une multitude d'Anges de tous les ordres et se fit leur chef. Leur nombre était si grand, qu'à la vue de ce spectacle lamentable, l'Archange Michel, chef des milices célestes1, qui par son humilité et sa sage soumission à son Créateur, était puissamment affermi dans la lumière, s'élança vers la brèche, rassembla les Anges restés fidèles et s'écria : « Soyons attentifs ! »2 C'est à dire : « Prenons garde, soyons vigilants, nous les êtres créés qui avons le privilège de nous tenir devant Dieu. Reconnaissons notre état de serviteurs. Prenons soin à la connaissance de nous mêmes et voyons quelle est la chute de ceux qui ont voulu s'égaler à Dieu ! » C'est en mémoire de cette Synaxe3 : c'est à dire de cette assemblée, de cette réunion, des choeurs angéliques sous la direction du Saint Archange Michel dans la vigilance, la concorde et l'unité, que, de tradition très ancienne, les Pères ont institué la fête d'aujourd'hui.

           Le très glorieux et très lumineux Prince des Puissances célestes et incorporelles, Michel, apparaît souvent dans la Sainte Ecriture. C'est lui que Dieu envoie auprès des hommes pour leur annoncer les décrets de Sa Justice. C'est lui qui le premier est apparu au Patriarche Abraham (Gen. 12) et à sa servante Agar dans le désert, pour lui annoncer la naissance d'Ismaël (Gen. 16). Il fut envoyé auprès de Lot pour le sauver de Sodome, vouée par Dieu à la destruction (Gen. 19). Lorsque Dieu ordonna à Abraham de sacrifier son fils Isaac, afin d'éprouver son obéissance, ce fut Michel qui intervint au dernier moment pour l'arrêter (Gen. 22). Il apparut encore au Patriarche Jacob, pour le délivrer des mains meurtrières de son frère (Gen. 27:41). C'est lui qui se tenait au-devant du peuple d'Israël lorsqu'il sortit d'Egypte et le dirigeait sous la forme d'une nuée le jour et d'une lueur la nuit (Ex. 13:21). Il fut envoyé aussi au devant du devin Balaam, en route vers Balaq roi de Moab pour maudire le peuple d'Israël, et lui barra le passage en se tenant devant sa mule, une épée nue à la main (Nom. 22 : 22). Quand Josué était aux pieds des murs de Jéricho, attendant un signe de Dieu pour assiéger la ville, Michel lui apparut, tenant à nouveau une épée. Comme il craignait que ce ne soit une ruse du Malin, qui sait se transformer en Ange de lumière, Josué lui demanda: « Es-tu des nôtres ou de nos adversaires ? ». Michel répondit : « C'est comme Chef de l'Armée du Seigneur que je viens maintenant », et lui ordonna de vénérer désormais le lieu qu'il venait de sanctifier par sa présence (Jos. 5 : 13). Sous les Juges, il vint réconforter Gédéon et l'envoya pour délivrer Israël de l'oppression des Madyanites (Jug. 6 : 11).

           Quand David, contrairement à l'ordre de Dieu, eut fait recenser le peuple, Michel fut envoyé par Dieu pour être l'instrument de sa colère. En un jour, il ravageât par son épée plus de soixante-dix mille hommes et il se tenait prêt à détruire Jérusalem, lorsque, ému par le repentir de David, le Seigneur l'arrêta et lui ordonna de remettre son épée au fourreau (I Chr. 21). Il se révéla plusieurs fois au Prophète Elie pour le consoler dans ses tribulations et l'envoyer en mission (I Rois 19:5, II Rois, 1:15). Lors de l'invasion du roi des Assyriens, Sénnacharib, Michel abattit en une nuit cent quatre-vingt cinq mille hommes dans le camp des envahisseurs (II Rois 19:35). C'est lui encore qui descendit du ciel et se tint au milieu de la fournaise ardente, à Babylone, avec les trois jeunes gens, en chantant avec eux les louanges du Seigneur (Dan. 3:92), et qui ferma la gueule des lions dans la fosse où avait été jeté le Prophète Daniel (Dan. 6:23).

            Les interventions salutaires du Saint Archange Michel sont en fait innombrables, aussi bien sous l'Ancienne Alliance que, plus encore, après la venue du Christ. C'est lui qui délivra les Apôtres de prison (Actes 5:19), qui fut envoyé à l'Apôtre Philippe pour baptiser l'eunuque de la reine d'Ethiopie (Act. 8 : 26), qui apparut au centurion Corneille et lui demanda de faire venir Saint Pierre pour le baptiser (Act. 10), qui libéra Pierre de prison (Act. 12) et frappa le roi Hérode qui voulait se faire passer pour un dieu (idem). Il apparut à Saint Paul pour le réconforter dans ses épreuves, et fut pour l'Evangéliste Saint Jean l'interprète des secrets de Dieu concernant la fin des temps, dans l'Apocalypse. C'est en effet Michel qui va engager l'ultime combat contre l'Antéchrist et le Diable, et qui les précipitera éternellement dans l'enfer (Apo. 12 : 7). Et lors du Jugement dernier, il se tiendra, une balance à la main, pour peser nos actes.

           La tradition de l'Eglise a gardé la mémoire d'autres miracles de l'Archange Michel, comme, par exemple, celui accompli à Colosses en Phrygie (commémoré le 6 septembre, Icône ci-contre).

            En Dieu, la Justice ne peut être séparée de la miséricorde : « La miséricorde et la vérité se sont rencontrées, la justice et la paix se sont embrassées », chante le Psalmiste (Ps 84:11). C'est pourquoi, on ne peut commémorer Michel, l'Ange de la Justice, sans lui associer Gabriel, l'Ange de la Miséricorde. Il est envoyé par Dieu aux hommes pour leur annoncer les merveilles de son Amour et de sa bienveillance en vue de leur Salut. Il donna au Prophète Daniel l'interprétation de la vision énigmatique qu'il avait eue concernant la fin des royaumes des Mèdes et des Perses (Dan. 8:16), et lui annonça, une autre fois, que le Christ, le Sauveur du monde, devait venir quatre cent quarante-neuf ans plus tard (Dan. 9:24). Il fut aussi envoyé auprès de la femme de Manoé au temps des Juges, pour lui annoncer la naissance prochaine de Samson. Quand, tout à sa joie, Manoé voulut le retenir pour lui offrir un banquet, Gabriel lui répondit qu'il ne se nourrissait pas de tels mets et lui recommanda d'exprimer son action de grâce en offrant un holocauste au Seigneur. Comme on lui demandait son nom, il répondit : « Pourquoi me demandes-tu mon nom ? c'est un mystère », et il disparut de leurs yeux dans la fumée du Sacrifice (Juges 13). Il fut le messager de toutes les heureuses nouvelles de la naissance miraculeuse d'enfants à partir d'un sein flétri ou stérile. En particulier, c'est lui qui apparut à Joachim et Anne pour leur annoncer la naissance de la Mère de Dieu, et à Zacharie et Elisabeth, pour les prévenir de celle du Saint Précurseur (Luc 1). Il a nourri de la manne céleste la Mère de Dieu pendant douze ans, dans le temple (cf. le 21 nov.), et fut envoyé par Dieu auprès d'elle pour lui annoncer la bonne nouvelle attendue depuis l'origine du monde: c'est à dire qu'elle devait enfanter Dieu par l'opération du Saint Esprit. Il vint rassurer Joseph en songe, lorsque celui-ci était tourmenté de doutes quant à la virginité de la Mère de Dieu (Mat. 1:20). Lors de la naissance du Sauveur, il conduisit les bergers vers la grotte de Bethléem, pour qu'ils puissent l'adorer. Il prévint Joseph des desseins meurtriers d'Hérode et lui conseilla de prendre l'enfant et sa mère et de les conduire en Egypte. Lorsque le danger fut passé, il lui apparut à nouveau en songe pour lui ordonner de revenir. Lors de la sainte nuit de la Résurrection du Christ, Gabriel descendit des cieux, revêtu d'une robe blanche étincelante de la lumière divine, repoussa la pierre qui fermait le tombeau et s'assit dessus. Lorsque les femmes Myrophores arrivèrent sur les lieux, il les rassura de leur effroi en disant : « Ne craignez pas. Je sais que c'est Jésus, le Crucifié, que vous cherchez. Il n'est pas ici.— Il est ressuscité, comme Il l'avait dit » (Mat. 28:5).

           Ainsi, depuis l'origine du monde jusqu'à la Résurrection du Christ et la fin des temps, le Saint Archange Gabriel est-il le messager envoyé par Dieu pour annoncer aux hommes les merveilles de Sa miséricorde en la Personne du Seigneur Jésus Christ4.

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