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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 21:15

   rf2850.jpg      À l’occasion des législatives anticipées de 1997 suite à la dissolution de l’Assemblée Nationale par J. Chirac, nous nous sommes invités dans la campagne électorale par le biais d’une affiche portant en lettres blanches sur fond bleu« droite, gauche le choc des partis, le vide des idées...un Roi pourquoi pas ?»

Déjà au début de notre ère Tite Live écrivait dans son Histoire de Rome (des origines jusqu’à l’an 9 avant J.C) : 
« La lutte entre les partis est et sera toujours un malheur bien pire que la guerre, la famine, la peste ou n’importe quel autre courroux divin...Parti signifie part. Se diviser en partis c’est se diviser en parts. Un parti, part du peuple, à qui s’oppose t-il ? Evidemment au reste du peuple qui ne l’a pas suivi. Chaque parti se donne de la peine avant tout pour lui-même, pour ses membres et non pour la nation entière. L’intérêt national est estompé par les fins particulières : avant tout ce qui est nécessaire au parti pour être réélu la prochaine fois ; si quelque mesure utile à l’État et au peuple a pour provenance un parti à nous hostile, il est admissible de ne pas le soutenir. La lutte des partis remplace la recherche de la vérité, c’est une bataille pour le prestige du parti et la conquête de morceaux du pouvoir exécutif. Les groupes dirigeants des partis politiques se transforment en une oligarchie. Et à qui les partis rendent-ils des comptes, si ce n’est à leurs propres comités ? Une instance qui n’est prévue dans aucune constitution... Le principe même de l’appartenance à un parti étouffe la personnalité et son rôle. Tout parti est simplification et grossissement de la personne. L’homme a des conceptions, le parti une idéologie. » (1)

Ne pas chercher la vérité est une forme de mensonge joyeusement perpétuée par les descendants des partis de la République Romaine. En 1736, Voltaire, dans une lettre à Thiriot, écrivait : « Il faut mentir comme un diable, non pas pour un temps, mais hardiment, et toujours ! ». Nul doute que beaucoup de politiciens aient suivi le précepte. Mais J.L. Mélenchon a dépassé ce qu’on croyait possible, en affirmant le 6 mars, à Rouen : « Non, les Communistes n’ont pas de sang sur les mains ! Le seul qu’ils aient, c’est celui de l’envahisseur qu’ils ont repoussé ! » (2)

Sous la V eme République, hormis Pompidou, tous les présidents ont brigué un second mandat selon la même tactique : le nouveau prétendant cherche à démontrer que le président sortant n’a pas concrétisé ses promesses pendant que ce dernier pousse le premier dans ses retranchements afin qu’il précise comment il compte honorer les siennes. Une fois passée la bataille des chiffres la vie reprend son cours, les électeurs élisent et les problèmes demeurent ; de sorte qu’en 30 ans de gauche-droite la dette française a quadruplé dans l’indifférence générale jusqu’à la triple crise financière, économique et européenne de 2008. La question étant toujours d’actualité au soir du 2 mai 2012, il était normal que N. Sarkozy et F. Hollande en débattissent. Ont-ils convaincu les Français ? Un sondage réalisé les 22 & 23 mars par Viavoice-BPCE pour le compte de France Info et les Echos, révélait que les Français estimaient que les candidats : parlent trop du couple dette-déficit public et de l’insécurité ne parlent pas suffisamment de l’emploi et du pouvoir d’achat.

Au passage vous noterez que personne ne relève le silence des prétendants sur les questions européennes ou de politique étrangère et leur discrétion sur les sujets de société (homo, recherche médicale, respect de la vie, éducation...) Pour le reste ce sondage a le mérite de mettre en évidence que les chers électeurs ne comprennent pas que sans régler le problème dette-déficit, la France s’apprête à rejoindre la Grèce, pays où la notion de pouvoir d’achat est reléguée au musée des bonnes adresses du passé. Il faut être lucide : la hausse des prélèvements obligatoires et sans doute une certaine remise en cause de notre système de protection sociale sont au menu des prochains mois. Situation difficile mais pas dramatique sous réserve que le fardeau soit équitablement réparti...sans oublier que pour l’heure les épaules de nos Messieurs de la République sont fort peu chargées.

Enfin la dette pèse doublement sur l’emploi : les quelque 45 milliards € d’intérêts annuels pourraient être affectés à l’entretien du patrimoine et à celui d’infrastructures dramatiquement vieillissantes (entre autres le réseau de distribution électrique et les voiries locale et départementale) pour nombre d’investisseurs la dette publique constitue un placement juteux au détriment des investissements vers l’appareil productif. Il est étrange de constater qu’après avoir mondialisé les idéaux de 1789, le village gaulois rêve maintenant de résister encore et toujours à la mondialisation. Une fois posés les droits de l’homme et le principe selon lequel la loi du nombre prévaut sur toute autre, la Révolution industrielle et celles des moyens de transport et de communication ont ouvert une voie royale à l’essor du commerce international : il devenait normal que chacun ait le droit de fabriquer de tout n’importe où et de le vendre partout pour répondre au besoin de consommation enfin librement exprimé par tous les peuples« joyeusement démocratisés » au nom « de l’égalité en droit, de la liberté, de la moralité subjective et du bien être. » (3)

Rien n’étant parfait en ce bas monde on est bien obligé de reconnaître que les impératifs commerciaux, industriels et financiers écornent un tantinet l’idéal démocratique ; au moment d’acheter quelques barils de pétrole à l’Arabie Saoudite et de s’accommoder du « capitalo communisme » chinois nous devions bien savoir où nous mettions les pieds ! N’est-il pas normal que la belle histoire de la démocratie connaisse quelque accroc temporaire ? D’autant qu’inversement à l’ancien Régime qui, en dépit de quelques maladresses propres à la nature humaine, fondait sa politique selon un ordre reçu de Dieu, les sociétés modernes, après avoir nié l’existence d’un monde métaphysique et enfermé la religion dans la sphère privée, sont désormais libres de tout essayer au gré des modes et des connaissances scientifiques. Ainsi l’histoire du monde présent n’est plus assise sur la Création mais sur un devenir, sur une transformation perpétuelle, sur la réforme des réformes au hasard de la lutte des partis politiques. Lutte reconnue d’utilité publique par ceux qui, en admettant l’acte de foi de Darwin, « et la matière s’est faite esprit », pensent que l’histoire n’est pas dénuée de sens puisque la compétition politique s’accorde avec celle de la sélection naturelle vers un ordre de plus en plus élaboré et parfait.

Dans la vie quotidienne, à chaque type de compétition correspond une règle du jeu ; les choses sont simples aux échecs où chacune des pièces se déplace selon une règle établie et reconnue par les joueurs ; l’affaire devient un peu plus difficile dans un match de rugby qui nécessite la présence d’un arbitre pour veiller au respect des règles également admises par les deux équipes. Et franchement complexes dans le cas d’une confrontation entre partis politiques arbitrée par le Conseil Constitutionnel, avec pour seule règle d’apprécier la validité présente d’une loi humaine écrite dans un passé plus ou moins proche pour répondre aux « valeurs républicaines à géométries variables » promues par le parti majoritaire à l’époque de sa rédaction. Le résultat est sous nos yeux : 5 Républiques, 5 Constitutions, 5 échecs. Et une seule cause, la négation des Lois de Dieu qui, elles, sont éternelles.

Au lieu de s’obstiner sur la voie de l’échec la France aurait meilleur compte à renouer avec sa vocation de fille aînée de l’Église et de porter à sa tête un chef qui reconnaisse la primauté des Lois divines afin que les lois écrites ne contreviennent pas aux Dix Commandements et favorisent le Onzième. Reconquête difficile...mais Jeanne d’Arc a suffisamment prouvé que rien n’est impossible avec l’aide de Dieu. Seigneur donnez-nous beaucoup de saints prêtres...

Aussi vrai qu’il y aura toujours des pauvres parmi nous, il se trouvera toujours des indifférents et des hostiles envers lesquels il serait vain, et sans doute néfaste, de vouloir imposer une pratique religieuse chrétienne ; de même il serait injuste d’exercer une discrimination sociale à leur égard. Au fond il s’agit de cantonner le laïcisme dans la sphère privée et de laisser se diffuser le témoignage public d’une France Catholique. France catholique...telle est bien la nécessaire condition préalable au retour d’un roi qui règne et gouverne. Maintenant est-elle suffisante pour répondre à la question « un roi pourquoi faire ? » à une époque qui requiert des arbitrages inconnus de nos premiers rois ? Inutile de reprendre tout ce qui a déjà été écrit sur ce sujet ; sauf à insister sur un vieux mot qui n’a plus cours dans une société « libérale avancée » et gavée de promesses électorales, confiance. Confiance dans les grâces conférées par le Sacre de Reims.

Par lesquelles, en contrepartie des efforts à fournir pour s’extraire du bourbier nous sommes certains que le roi de France n’accorderait pas quelques arrangements avec la morale, qui seraient contraires au but du pèlerinage terrestre. Inversement, au vu des ministres et ministres délégués nommés le 15 mai, il est probable que la République découvre quelques nouveaux droits de l’homme peu compatibles avec l’identité nationale et la foi catholique. Il est vrai qu’à l’instar de ses prédécesseurs, le président fraîchement élu a peut-être des convictions mais plus sûrement l’obligation de remercier les camarades du parti momentanément vainqueur.

Du côté des vaincus on prépare la contre attaque avec de nouvelles propositions pour que demain soit meilleur qu’aujourd’hui. Vous devez avoir confiance, tel sera bien le cas puisque selon la théorie de Darwin, c’est grâce à la lutte féconde des partis que l’humanité républicaine évolue vers la perfection. Autre est l’enseignement de Saint Paul « c’est en oeuvrant en vue de la construction du corps du Christ que nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme parfait. » (Eph.4 7-13) Au fond le choix politique est simple : étant tous d’accord sur le nom perfection, il n’est qu’à trancher entre deux adjectifs, divine ou républicaine. Pour nous le choix est fait, « Dieu et le Roi », reste à militer.

P. Jeanthon

Merci à A. Brassié

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