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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 17:33

       Stanislav Govoroukhine. A la fin des années 70 du siècle dernier la série policière du réalisateur « Il ne faut pas changer le lieu de rendez-vous » a eu un succès étourdissant. Dans le rôle principal il a tourné son ami, l’acteur et poète en disgrâce Vladimir Vyssotski. Le film relatait les activités de la milice soviétique dans les premières années d’après-guerre. Quand on passait à la télévision ses épisodes, les rues devenaient vides. Le réalisateur reste toujours fidèle au simple principe : « je tourne des films pour les spectateurs, pour ceux que j’aime ».
L’enfance de Stanislav Govoroukhine était difficile, marquée par la famine. Son père, un Cosaque du Don, Sergueï Govoroukhine a été condamné comme « ennemi du peuple ». La famille a été exilée en Sibérie. Avec sa mère et sa sœur ils vivaient dans une baraque. Pour éviter des problèmes aux enfants, sa mère cachait que son époux avait été passé par les armes, a brûlé toutes les photos de lui. Stanislav et sa sœur aînée n’ont appris la vérité qu’en 1956, après le XXe congrès du PCUS, au cours duquel Nikita Khrouchtchev a dénoncé le « culte de la personnalité » de StalineGrâce aux efforts maternels Stanislav Govoroukhine a reçu une excellente formation. Diplômé de la faculté de géologie de l’Université de Kazan, il a aussitôt compris que la géologie n’était pas sa vocation et a passé les examens d’entrée à l’Institut de la Cinématographie. Sa passion de jeunesse pour l’alpinisme, il l’a relaté dans son premier film « Verticale », où il exécutait lui-même des scènes dangereuses sans doublure.
En tant que réalisateur Govoroukhine a tourné une vingtaine de films. Il a porté sur grand écran les œuvres de Daniel Defoe, Mark Twain, Jules Verne et d’Agatha Christie. A la fin des années 70 du siècle passé il a écrit le scénario pour un premier film d’« action » — « Les pirates du XXe siècle », qui a rassemblé en douze mois 100 millions de spectateurs.
Stanislav croit que le jour du 26 juillet 1969 est le plus heureux de sa vie. Ce jour-là l’hélicoptère, où il prenait place a percuté un mont. Seuls quelques-uns de ses passagers ont alors survécu par miracle. A son avis, « Dieu l’a protégé ». Après cette catastrophe aérienne Govoroukhine est persuadé que le Très Haut lui a sauvé la vie pour qu’il accomplisse une mission particulière dans ce monde.
Le sort du pays ne laisse pas indifférent. A la fin des années 80 commence à s’intéresser de plus en plus à la politique. Les thèmes abordés dans ses films changent, prenant un accent social. Il tourne alors le documentaire « On ne peut pas vivre comme ça ! », qui a été une condamnation du régime socialiste. Or il n’a pas accepté la nouvelle réalité capitaliste. Même s’il devient député du parlement, et brigue même le poste de président de Russie en 2000.
A 73 ans Govoroukhine est toujours élégant, désinvolte et plein de bon sens. Il fume son invariable pipe. La cinématographie de ces années-ci l’irrite, surtout le culte d’un personnage fort, ayant des démêlées avec la justice. « Nos enfants jouent aux criminels », se lamente-t-il. Et ajoute : « Bien de mes collègues ne comprennent pas quel instrument important et effroyable ont-ils entre leurs mains ».

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