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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 15:51

  7225127-11092062.jpg     INTERVIEW - Adrienne, une mère de famille, raconte comment son fils de 22 ans a basculé dans l'islam radical après un passage en prison. Pris en charge par une cellule de désendoctrinement, il ne pense plus à partir en Syrie.


 
      Le fils de cette catholique d'origine normande de 63 ans, commerçante à Paris, a basculé dans l'islam radical lors de son incarcération. Après avoir voulu quitter la France, «pays de mécréants et de pédophiles» pour combattre en Syrie,Jérémy, 22 ans, a été pris en charge par la cellule de déradicalisation mise en place par la préfecture de police de Paris. LE FIGARO. - Pensiez-vous que votre fils puisse un jour se faire embrigader? 
ADRIENNE. - Jamais et j'ai reçu cette nouvelle comme un coup de massue! Jusqu'à ses 15 ans, tout s'était bien passé jusqu'à ce qu'on lui propose de la drogue à l'école et qu'il devienne dépendant. Je ne m'en étais pas aperçue tout de suite et je présentais même mon fils comme quelqu'un d'extraordinaire à tout le monde. Je lui donnais 10 euros par jour pour déjeuner mais cela n'a plus suffi… Vers 18 ans, il a commencé à dealer comme d'autres gamins de Seine-Saint-Denis livrés à eux-mêmes. Il n'est jamais allé au bout de son diplôme de carreleur. 
Comment sa dérive a-t-elle continué? 
Il était désœuvré et a commencé à sortir la nuit car il n'y a même pas Internet à la maison. Un jour, par dépit amoureux, il est devenu fou, a bu une bouteille de vodka avant de partir en voiture. Jérémy s'est battu avec la police qui l'a interpellé pour refus d'obtempérer. Condamné à six mois de prison ferme, il a été incarcéré à la maison d'arrêt de Villepinte où, après avoir partagé sa cellule avec un prédicateur, il a brutalement changé d'attitude au bout de deux mois…
    À force de parler, de dialoguer, il semble s'être progressivement calmé, comme s'il redescendait sur terre. Il a même retrouvé une petite copine et ne pense plus à repartir
      Cela s'est manifesté de quelle manière? 
Lors d'une visite au parloir et par écrit, il a révélé à sa cousine qu'il n'avait plus rien à faire en France, «terre de mécréants et de pédophiles». Il a dit qu'il voulait partir en Syrie pour y mourir en martyr. Qu'il était l'élu et qu'il avait une «mission», celle de «faire la guerre». Se faisant soudain appeler Abou, il s'est laissé pousser la barbe derrière les barreaux où les islamistes viennent faire leur marché. Leur manège est connu de tous et j'ai tout de suite réagi. Nous avons alerté les autorités sans jamais en parler à mon fils car il aurait dressé un mur entre nous. Depuis, je prends sur moi, j'ai mal dans le dos et dans les cervicales mais cela se guérit: le principal est qu'il sorte de l'emprise djihadiste. 
Est-il tiré d'affaire aujourd'hui? 
Oui, du moins je l'espère. Le 25 septembre dernier, nous avons appelé le numéro vert. Le jour de sa libération, j'étais devant la porte de la prison pour éviter que d'autres viennent le récupérer. À la maison, il est venu avec des vêtements traditionnels religieux et s'est mis à prier dans sa chambre, au premier étage de notre pavillon de banlieue. Dans le garage, il avait caché un couteau de boucher. Il a fallu agir. Par le truchement de son avocate, qui a appelé le numéro vert antidjihad, de sa cousine et de moi-même, il a été pris en charge par l'association de déradicalisation agréée par la Préfecture de police. Au départ, il a refusé le portable que je lui proposais de peur d'être sur écoutes. Mais à force de parler, de dialoguer, il semble s'être progressivement calmé, comme s'il redescendait sur terre. Il a même retrouvé une petite copine et ne pense plus à repartir. C'est une très bonne nouvelle, comme si j'avais gagné au Loto! 
source : le figaro.fr

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Published by Jean-Théophane
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