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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 22:38

       Pendant plus d’une semaine déjà le navire français « Le Colibri » traverse l’Océan Atlantique le cap sur la Guyane française en Amérique latine. A son bord – deux des quatorze fusées porteuses russes « Soyouz-ST » que la compagnie française « Arianespace » avait commandées pour les lancer à partir de la base de lancement du Centre Spatial Guyanais à Kourou.

 

       «Soyouz» permet à l’Europe d’utiliser un lanceur qui a déjà fait ses preuves, avec près de 1 750 tirs à son actif et une longue histoire, depuis le lancement du premier satellite « Spoutnik » en 1957 et du premier homme dans l’Espace, Youri Gagarine, en 1961. Comme leurs nombreuses « sœurs », les « Soyouz » pour Kourou sont construites par l’entreprise vedette de l’industrie cosmique russe TsSKB « Progress » à Samara. Démontés les « Soyouz » ont été transportées de Samara au littoral Baltique dans un train de haute importance. Ensuite des semi-remorques puissantes ont transporté les fusées démontées au port de Saint-Pétersbourg où, avec beaucoup de précautions, elles avaient été montées à bord du navire français « Le Colibri » destiné à transporter les frets encombrants sur océan et sur les fleuves de 5 mètres de profondeur. « Le Colibri » va monter un de ces fleuves en Guyane pour transporter les fusées à l’aire de lancement de Kourou. Là, les fusées seront de nouveau montées en semi-remorques pour atteindre le point de destination finale – le centre d’assemblage du secteur russe à Sinnamary, commune voisine de Kourou, où se trouve le pas de tir principal de l’Agence Spatiale Européenne. Les commentaires d’Alexandre Kiriline, directeur général de « Progress ».

 

       Nous attendons que le Centre Spatial Guyanais fasse trois-quatre lancements par an. Ce sont là des conditions de travail tout à fait différentes, sur lesquelles nous avons longtemps travaillé avec nos partenaires européens. Nous avons travaillé sur les schémas de sécurité, les schémas de lancement.

 

        Le montage du pas de tir pour les « Soyouz » russes est près de son terme. On construit le corps d’assemblage et d’essayage où les fusées seront préparées au lancement, et le centre de gestion des lancements. Voici ce qu’Anatoli Perminov, directeur général de l’Agence Spatiale Fédérale Russe, raconte à propos du secteur russe à Kourou.

 

         En novembre nous devons terminer les travaux de construction avec l’assistance de l’Agence Spatiale Européenne. Nous devons assembler tout le matériel technique, tous les systèmes et d’ici la fin de l’année nous devons commencer les essais autonomes de ces systèmes. Ensuite, c’est le tour aux essais combinés, et je pense qu’au premier trimestre de l’année prochaine nous nous serons prêts pour lancer « Soyouz » du pas de tir de Kourou. C’est notre objectif et il est réalisable.

 

       Le premier « Soyouz ST » ne partira pas dans l’Espace à vide mais il portera à son bord le satellite britannique de télécommunications « Hylas », a noté le PDG d’« Arianespace » Jean-Yves Le Gall dans le port de Saint-Pétersbourg : « Après nos lancements communs à partir de Baïkonour nous avons proposé à nos collègues russes d’effectuer des lancements commerciaux des « Soyouz » à Kourou et maintenant nous sommes sur le point de réaliser ce projet. C’est un business très avantageux pour la Russie et l’Union Européenne, chaque lancement en orbite coûtera au client de 40 à 60 millions d’euros. On a prévu plusieurs dizaines de ces lancements et pratiquement tous d’entre eux sont demandés ». La proximité de Kourou de l’Equateur permet d’augmenter la vitesse de la fusée porteuse de 1 600 km/h. Le principal, c’est que, comme à Baïkonour, la charge utile de chaque lancement passe de 1,8 à 3 tonnes. L’économie et le gain sont énormes et peuvent être exploités également par la Russie et l’Union Européenne. Le lancement prévu de « Soyouz » marque une nouvelle étape dans le développement de la coopération spatiale franco-russe, dont le début remonte à l’année 1966 et qui a uni graduellement beaucoup de pays européens. Il faut noter que ce lancement est prévu pour 2010 – année croisée France-Russie et deviendra parmi autres un événement de grande envergure dans les relations des deux pays.

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