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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 15:35

       Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko a demandé lundi à son gouvernement de revoir les contrats d'achat et de transit de gaz entre Gazprom et Naftogaz d’Ukraine, lit-on mardi dans le quotidien Kommersant.

       Formellement, Gazprom a des raisons de prendre des mesures sévères contre Kiev. Mais la non-livraison de gaz à l'Ukraine à la veille du sommet Russie-UE prévu pour le 18 novembre peut provoquer un scandale international et accroître la cote de popularité de M. Iouchtchenko indésirable pour le Kremlin.

        Le président exige la révision des volumes d’achats de gaz qui sont, à son avis, exagérés, en les portant de 52 milliards de m3 à 25 milliards. Deuxième condition posée: accroître le tarif du transit en le portant des 1,7 dollars actuels à 2,6-2,8 dollars pour le transport de 1000 m3 de gaz sur 100 km. Troisième condition : la responsabilité égale des parties pour la violation des ententes, car les engagements ukrainiens sont formulés de façon plus rigide dans le contrat du 19 janvier.

       La tactique de Viktor Iouchtchenko est apparemment efficace. Les experts estiment qu'il est peu probable que Moscou coupe le gaz en réponse à ces exigences, surtout au plus fort de la campagne présidentielle en Ukraine (l'élection présidentielle aura lieu le 17 janvier 2010).

        Selon le directeur général du Fonds moscovite de sécurité énergétique nationale Konstantin Simonov, un tel comportement ferait l'affaire de Viktor Iouchtchenko qui aurait alors des raisons d’accuser Moscou d'appliquer une politique hostile. "Iouchtchenko, de même que Boris Eltsine en 1996, bénéficie d'un soutien de 3% de la population au début de sa course électorale. Seul un ennemi représentant une menace pour la nation et capable de la rallier à son leader peut aider Viktor Iouchtchenko. Il ne peut y avoir qu'un seul ennemi - la Russie", estime Konstantin Simonov.

         Il y a également une autre raison pour laquelle Moscou n'a pas besoin aujourd'hui d’une "guerre du gaz" avec Kiev: le sommet Russie-UE se tiendra le 18 novembre à Stockholm. La diminution des livraisons de gaz à l'Ukraine se répercuterait immanquablement sur les volumes de gaz livrés aux consommateurs européens, ce qui pourrait entraîner un scandale international. Par ailleurs, à ce sommet, il est prévu de signer un accord sur un mécanisme d'alerte en cas de conflits gaziers qui est en train d'être élaboré par Moscou. Il est peu probable qu'une « guerre du gaz» avec l'Ukraine puisse aider la Russie à persuader les Européens d'accepter ses propositions. "Si Moscou coupe le gaz, il se punira lui-même", résume le directeur de l'Institut de stratégies globales de Kiev Vadim Karassev.

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Published by Jean-Théophane
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