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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 16:53

  thumb.small.1060_Pakistan_A.jpg       L'assassinat à Islamabad de Shahbaz Bhatti, ministre des minorités religieuses et le seul chrétien membre du cabinet, souligne une fois de plus l'état d'anarchie dans lequel s'enfonce le Pakistan.

Cet assassinat en plein jour intervient deux mois après celui du gouverneur du Pendjab, tué par l'un de ses gardes du corps et pour la même cause: les critiques proférées par le ministre contre la loi sur le blasphème.

La loi sur le blasphème qui punit de mort toute personne accusée de profaner le prophète Muhammad est souvent utilisé contre les minorités pour tenter de régler des conflits personnels. Toutes les tentatives faites depuis plusieurs années ne serait-ce que pour amender cette loi en durcissant son application ont été infructueuses, le pouvoir politique reculant devant les menaces des partis religieux.

Puissant gouverneur du Pendjab et, comme Shahbaz Bhatti, membre du PPP (Parti du Peuple Pakistanais) au pouvoir, Salman Taseer avait été lâché par les siens après avoir demandé un amendement à une loi qu'il jugeait «inique».

Devant les protestations des partis religieux, le Premier ministre avait juré haut et fort que le gouvernement n'avait aucune intention de modifier cette loi.

De la même façon, Sherry Rehman, députée du PPP, a été contrainte par son parti de retirer du Parlement un projet d'amendement qu'elle avait déposé concernant cette loi. Isolé au sein du PPP Shahbaz Bhatti se savait menacé mais, avait-il assuré, dans une vidéo destinée à être diffusée au cas où il mourrait: «ces menaces et ces avertissements ne peuvent pas changer mon opinion et mes principes. Je préférerais mourir pour mes principes et pour la justice envers ma communauté, plutôt que faire des compromis».

Les extrémistes islamistes qui agissent sans peur au Pakistan ont pris soin de signer leur crime en abandonnant sur les lieux des tracts sans ambigüité. «La seule punition pour blasphémer le Prophète est la mort».

Cet assassinat est un avertissement «aux infidèles et apostats»... Lire la suite sur Slate.fr

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