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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 17:15

      Il y a un an, après la guerre russo-géorgienne, il semblait que les Etats-Unis nous livreraient une nouvelle guerre froide. A présent, on en arrive à la conclusion que ce n’est pas réellement l’intention du président américain Barack Obama. Il est cependant trop tôt pour affirmer que tout va bien dans les relations russo-américaines, lit-on vendredi dans le quotidien Moskovski Komsomolets.

      A la différence de son prédécesseur, Obama a compris que l'Amérique devait s'adapter à un monde multipolaire, car les Etats-Unis seuls ne pourraient prédominer. Au moment où l'on assiste à la montée de l'influence de la Chine, de l'Inde et d'autres centres de force, Obama ne juge pas nécessaire de provoquer sans raison l'antagonisme de la Russie. Il souhaite s'entendre avec nous sur un nouveau traité START, il a changé l'approche américaine d'un autre problème important: l'élargissement de l'OTAN en y admettant la Géorgie et l'Ukraine. Cette question n'est pas retirée de l'ordre du jour, mais elle est reportée.

      D'ailleurs, le "redémarrage" a commencé, même s’il avance chaotiquement. C'est plus un mot d'ordre qu'une stratégie. Nos rapports restent jusqu'à présent très fragiles et vulnérables. Des progrès font défaut dans le domaine économique: cela concerne l'amendement Jackson-Vanik, l'admission de la Russie à l'OMC et la réduction considérable des échanges commerciaux. Les négociations sur le traité START avancent aussi très difficilement (bien que les deux parties veuillent signer le nouveau traité avant le 5 décembre). Des divergences importantes existent dans les positions de Moscou et de Washington. Tout en acceptant la parité formelle sur le nombre d'ogives "déployées", les Américains veulent laisser en réserve un nombre plus de deux fois plus grand d’ogives stockées pouvant, au bout de cinq ans, être réinstallées sur des missiles. Nous n'avons pas une telle possibilité et le problème du potentiel récupérable nous inquiète beaucoup.

       Le contrôle des armements s'est avéré être dans l'impasse. Si nous ne parvenons pas à des compromis mutuels lorsqu'il y a une date limite, quel sera le stimulant pour les faire lorsqu'il n'y en aura plus? Si le traité n'est pas signé avant le 5 décembre, la remise, dans quelques jours, du Prix Nobel de la Paix à Barack Obama semblera plutôt étrange. Par contre, si un nouveau traité est signé, on pourra s'attendre à de nouveaux progrès importants dans la plupart des domaines des rapports russo-américains. Des divergences subsisteront, mais un partenariat normal pourra se développer. Sinon, je crains le glissement vers une situation "ni guerre, ni paix".

Auteur - Sergueï Rogov, directeur de l'Institut des Etats-Unis et du Canada de l'Académie des sciences russe.

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Published by Jean-Théophane
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