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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 21:49

 thumb.small.marseille_hotels_17.jpg       Faible productivité, irrégularités de rémunération, conflits sociaux... La Cour des comptes épingle la gestion du port de Marseille, dans son rapport annuel publié jeudi.

Les magistrats estiment en préambule que "les conflits sociaux, qui minent le port, dégradent sa fiabilité, indicateur essentiel pour les armateurs".

Le GPMM (Grand port maritime de Marseille) se situe "dans la moyenne de ses concurrents" en ce qui concerne les coûts de manutention, mais la productivité dans ce domaine "est inférieure à celle des autres ports européens", à l'exception des ports italiens de La Spezia et Gênes, note d'abord la cour.

"Le temps de conduite effectif d'un portiqueur est de 3h30 par jour à Fos et de 3h à Marseille. La durée hebdomadaire, compte tenu des absences et de la règle dite du 'fini-parti', s'établit à 14h et 12h, respectivement à Fos et Marseille", souligne le rapport, épinglant notamment "les irrégularités de la rémunération" des salariés du port.

"Alors que les conducteurs d'engins appartiennent au personnel du port et sont payés par lui, ils perçoivent, par ailleurs, des rémunérations additionnelles des entreprises de manutention, pour adapter leur travail aux besoins de celles-ci", constatent les magistrats. "Ces 'gratifications' sont illégales (...) Elles pourraient s'élever jusqu'à 1.300 euros par mois, de sorte qu'un portiqueur est susceptible de gagner mensuellement entre 3.500 et 4.500 euros nets".

En outre, la Cour souligne que la masse salariale, qui devait progresser de 12% entre 2004 et 2008, a en réalité augmenté de "près de 18,5%".

"La rémunération moyenne du personnel en place a enregistré des hausses significatives, supérieures à 3% par an depuis 2005", de sorte que le salaire mensuel moyen net s'élève à 2.717 euros, selon le rapport.

Au salaire de base, s'ajoutent par ailleurs "132 primes, indemnités et allocations diverses, qui représentent 41% des rémunérations". "Aucune véritable remise à plat de ce système de rémunérations n'a jamais eu lieu", déplore la Cour.

Les magistrats insistent aussi sur le manque de "rigueur" dans la gestion des heures supplémentaires. "Entre 2006 et 2008, alors que l'effectif moyen demeure quasi constant, le nombre d'heures travaillées diminue de plus de 4%. En revanche, celui des heures supplémentaires s'accroît de plus de 21%. Dans cette période, le trafic a pourtant sensiblement baissé et de nombreux mouvements sociaux sont intervenus".

La Cour montre par ailleurs du doigt le "laxisme dans la gestion des dépenses d'action sociale", qui affichent "un ratio de 2.841 euros par agent, soit vingt fois plus qu'à Rouen, Nantes ou au Havre".

Enfin, elle regrette la "très difficile mise en oeuvre de la réforme portuaire" de 2008.

"Il manque au port de Marseille que s'y applique l'état de droit normal, où chacun tient son rôle dans le dialogue économique et social, mais où les limites du débat démocratique ne sont pas franchies", souligne le rapport en conclusion. AP

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