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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 20:09

        La Chancelière Angela Merkel a qualifié le 9 novembre 1989, le jour de chute du mur de Berlin « du jour le plus heureux de l’histoire allemande contemporaine ». L’ex-président des États-Unis Georges Bush l’ancien a noté dans son discours prononcé à l’occasion des célébrations de l’anniversaire de la chute du mur le rôle décisif joué par les dirigeants soviétiques en 1989 et a souligné qu’il appréciait sa position ferme en cette période difficile.
-Le président Dmitri Medevedev a dit au même sujet dans son interview au magazine « Spiegel » : -On sait que le mur de Berlin avait toujours symbolisé la division de l’Europe, la division de deux civilisations et de leurs échelles de valeurs. Sa chute a été perçue comme la poursuite de la ligne politique vers l’unification de l’Europe. Bien des années nous séparent aujourd’hui de cet évènement. Certains espoirs que cet évènement a provoqué chez moi et chez mes compatriotes se sont justifiés, d’autres sont restés en friche mais l’acquis principal, c’était le dépassement des barrières et, finalement, l’unification de l’Europe. D’un autre côté, de nombreuses questions liées aux destinées de l’Europe et aux relations entre la Fédération de Russie et les pays européens, auraient pu évoluer selon un scénario différent.
-Pourtant, malgré le fait que tous les espoirs des Russes ne se sont pas justifiés, cet évènement qui s’est produit il y a vingt ans a sans aucun doute joué un rôle positif, pense notre expert Alexandre Tchoubarian, directeur de l’Institut de l’Histoire universelle de l’Académie russe des sciences : 

-La démolition du mur de Berlin est entrée dans l’histoire de l’Europe d’après-guerre comme un évènement emblématique. Pratiquement toute l’évolution d’après-guerre était celle de l’Europe divisée symbolisée par le mur de Berlin. Nous connaissons tous les détails liés à la construction du mur, à sa chute et à son fonctionnement. C’est pourquoi, lorsque le mur de Berlin a cessé d’exister, c’était le signe que l’Europe n’était plus divisée. Ce processus a mis longtemps à s’accomplir mais un coup de pouce a été donné avec la chute du mur qui a en outre ouvert la voie à la réunification de l’Allemagne dont la perspective semblait bien éloignée pour beaucoup de gens. Or, le processus ainsi lancé est allé à une très vive allure. C’est pour cela que cet évènement occupe une place très importante dans l’histoire. Mais il y a eu aussi des difficultés diplomatiques et politiques associées à la chute du mur et puis à la réunification de l’Allemagne. Ces difficultés s’expliquaient par la position particulière prise par la France et la Grande Bretagne, par Mitterrand et Thatcher. Elles s’expliquaient aussi par les critiques à l’intérieur de notre pays en rapport surtout avec les aspects économiques de la réunification allemande. Mais, de toute façon, il était évident que l’Union Soviétique a donné le « feu vert » à la réunification. Je répète qu’il y a eu des débats chez nous portant surtout sur le respect de nos intérêts économique. L’Allemagne réunifiée a occupé sa place parmi les États européens démocratiques et, ce qui est très important, entretient depuis vingt ans les relations étroites, amicales et constructives avec la nouvelle Russie. Je pense que cela restera pour toujours dans la mémoire du peuple allemand.
-Un autre expert, l’académicien Andréï Sakharov. Directeur de l’Institut de l’Histoire, pense quant à lui que la destruction physique du mur, sorte de monument historique de l’époque de la « guerre froide », était parfaitement justifiée.

-Le mur de Berlin est entré dans l’histoire comme symbole de confrontation entre deux systèmes et si la confrontation cesse, les symboles qui la personnifient sont condamnés à disparaître. Il est des symboles qui appartiennent au passé. Il serait incongru si les symboles de ce genre était préservés et maintenus aujourd’hui en qualité de mémoire historique du peuple. Je pense que la démolition du mur a été un acte de justice accompli par les masses populaires des deux Allemagnes.
-Mais, malgré l’opinion de l’honorable académicien, le mur a ressurgi dans la capitale allemande. Pas pour longtemps, il est vrai. Il était composé de dominos en mousse PVC mesurant chacun 2,5 sur 1 m. Il y en avait un millier en tout et pour tout et ils ont été tous peints par des artistes professionnels et des jeunes venu d’Allemagne et d’autres pays. 20 pans de mur ont été envoyés dans les pays qui restent toujours divisés, comme la Corée, Chypre, le Yémen et au Proche-Orient ou ils ont été peints par des artistes locaux. Les auteurs ont choisi les sujets très différents qui avaient en commun l’aspiration des gens vers la paix et l’unité. Lundi soir le mur de Berlin sera à nouveau détruit en présence des chefs d’État et de gouvernement et de l’UE et d’autres pays. Cette fois en donnant un coup de pouce au premier domino. Selon les calculs, tous les dominos doivent tomber en 33 minutes.

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