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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 17:32

   928900-1101219       Pour L’Hérétique, L’Europe a tort de renier ses racines judéo-chrétiennes. Même s’il ne « s’agit pas d’offrir à l’Église le moindre pouvoir politique », le blogueur insiste sur la nécessité de reconnaître l’origine chrétienne des valeurs européennes, quitte à ce que Jésus de Nazareth fasse son apparition « en préambule de la Constitution européenne ».

Je m’interroge souvent sur cette « pudeur » un tantinet masochiste qui fait que l’Europe n’ose pas revendiquer ses racines. Est-il besoin de chercher midi à quatorze heures pour les trouver ? Elles sont apparentes, visibles immédiatement : l’antiquité gréco-latine et le christianisme, plus largement les valeurs judéo-chrétiennes.

Il ne s’agit pas pour autant d’offrir à l’Église le moindre pouvoir politique. On voit ce que cela donne en Amérique latine, et c’est clairement dissuasif.

En revanche, on peut reconnaître dans l’Église un précurseur : dès le Haut Moyen Âge, les papes ont cherché à installer la paix en Europe entre les rois chrétiens, fussent-ils orthodoxes. D’une certaine manière, l’Église a cherché à préfigurer l’Europe, même si ce n’est pas la nôtre aujourd’hui.
Les valeurs fondamentales véhiculées par la gauche laïque, y compris la gauche marxiste, sont une émanation directe du projet judéo-chrétien. Peu importe, au final, qu’il soit porté par la foi ou par l’idéal. Ce qui compte, c’est qu’il soit porté. Le christianisme a fait nos valeurs, la Grèce et Rome nous ont donné les fondations de nos démocraties et de nos républiques.

Les valeurs qui fondent l’idéal européen sont très proches des fortes pensées édictées par Jésus de Nazareth. Pourquoi aurions-nous peur, comme homme et comme sage, de le citer en préambule de la Constitution européenne ?

On va me dire que du côté de l’Islam, ce sera ressenti comme une agression, un retour des Croisés. J’avoue que cet argument, celui du viol des Croisades, commence à me gonfler sérieusement. Parce que si l’on va par là, on peut aussi évoquer l’invasion arabo-musulmane stoppée par Charles Martel quatre siècles plus tôt, et puis surtout, le viol des Balkans (pour reprendre l’image particulièrement idiote et déplacée du viol) pendant quatre cents ans par l’Empire Ottoman musulman. Bref, à ce petit jeu ridicule, on n’en finit plus… Au passage, je parle de Jésus de Nazareth, et il se trouve qu’il est reconnu aussi par l’Islam.

Je me réjouis par avance de voir débarquer (enfin, je l’espère, du moins) le ban et l’arrière-ban laïc qui va hurler à l’alliance du sabre et du goupillon (le plus drôle c’est que je navigue entre athéisme et agnosticisme). Tiens, d’ailleurs, je vais changer le titre. J’avais écrit l’Europe chrétienne, finalement, je vais choisir, l’Europe sera chrétienne ou ne sera pas.

Pourquoi je dis que l’Europe sera chrétienne ou ne sera pas ? C’est surtout que je pense que l’Europe ne pourra pas continuer à se construire ex nihilo sur le mythe de père fondateurs qui, in fine, ne sont une référence que pour les pays fondateurs, c’est à dire deux ou trois pays en somme.

Il faut évidemment quelque chose de bien plus fort qui relie les peuples européens entre eux. Quelque chose d’enraciné. Or, quand on creuse, faut-il un cours d’étymologie appliqué à cinq ou six langues européennes d’origines différentes pour le montrer, comme je le dis en introduction, il n’y a pas 36 souches différentes. Il y en a deux : la civilisation gréco-latine et le christianisme.

Le projet culturel européen devrait donc s’articuler en priorité autour de ces deux sources.

L’Hérétique – Blogueur associé (Marianne 2)

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