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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 18:42

   procesjeanne.gif     Il est impossible de résumer convenablement en quelques lignes un procès qui a duré plus de 4 mois. Ce procès fait partie de la catégorie de ceux complètement inutiles où l'accusé est condamné d'avance sans le moindre espoir d'échapper à la mort. Ce qui frappe dans celui de Jeanne, c'est sa longueur et la quintessence de perfidie et d'hypocrisie qui s'en dégagent. Ce n'est pas étonnant car 2 spécialistes de la question, les Anglais et les mauvais ecclésiastiques s'étaient réunis pour donner libre cours à leurs talents. Infliger une pareille souffrance à une jeune fille aussi sainte et sensible est vraiment un supplice atroce.
Un procès à la Fouquier-Tinville aurait suffi : c'est plus simple et plus franc. On peut y admirer 2 choses opposées l'une à l'autre : la simplicité et l'habileté des réponses de Jeanne en face de la perfection du génie du mal de l'illustrissime Cauchon. C'est le 21 Février 1431 que Jeanne comparaît devant le tribunal présidé par Cauchon.
Les interrogatoires occupent 19 audiences jusqu'au 18 Avril. Le moment le plus sinistre du procès fut la séance d'abjuration au cimetière de St Ouen. Une grande publicité avait été faite de sorte qu'une grande foule était venue y assister. Le plan de Cauchon fut celui-ci : d'abord il obligea Jeanne en la menaçant de la faire brûler, à signer un papier où elle s'engageait à ne plus porter d'habits d'homme. Mais le papier qu'on lui présenta pour cela, sans qu'elle s'en rendît compte, était une véritable formule d'abjuration. Il n'y eut donc pas abjuration.
D'autre part, elle signa parce qu'il lui promit en même temps qu'elle serait mise en prison d'Eglise, donc qu'elle n'aurait plus à craindre pour sa vertu. Naturellement c'était un mensonge et il ordonna de la reconduire dans son ancienne prison. Ensuite il obtint de pouvoir la déclarer relapse afin de l'envoyer au bûcher. Pour cela, le matin du 27 Mai, lorsqu'elle voulut se lever, les soldats subtilisèrent ses habits de femme et lui donnèrent à la place ses habits d'homme qu'elle fut ainsi forcée d'utiliser. Le lendemain 28, des soldats et un seigneur anglais lui firent subir des violences si bien qu'elle fut encore obligée de remettre ses habits d'homme.
Le même jour, Cauchon, accompagné d'une dizaine de témoins, vint constater le fait. Il avait atteint son but : elle était relapse. Lorsqu'il sortit de la tour, éclatant de joie, il cria aux Anglais qui commençaient à s'impatienter de la longueur de ce procès : "Elle est prise". A quoi, comme en écho, répond la parole de Jeanne : "Evêque, je meurs par vous".

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