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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 18:13
          KEBBEC (rétrécissement du fleuve en Algonquin) , je me souviens
Jean-Baptiste Levreault de Langis de Montegron
Nom de partisan : « Langy »

        « Car il ne faut pas oublier que de tous les étrangers qui ont abordé ou aborderont en Amérique, les Français sont les seuls à y avoir été invités par les autochtones » Jean Marc Soyez (spécial Canada, Historama, Juin 1984)

         Le 7 octobre 1757, d’après Bougainville, « le sieur de Langy Montegron est parti par le fond de la Baye pour la petite guerre avec un détachement de 40 hommes dont douze Sauvages. »
Décembre 1757, une attaque au fort Lydius ou Edouard, par Langy avec un groupe Amérindien, ramena 20 chevelures et 3 prisonniers, dont on eut des informations sur les préparatifs anglais, sachant que 20 régiments étaient arrivés de Grande-Bretagne, préparant ainsi la prochaine campagne d’été…
Mars 1758, Onoragueté, chef de la tribu Iroquoise de la Tortue , part avec 200 guerriers et 20 Canadiens, frapper entre Orange et Sarasto, alors qu’un autre groupe de guerriers du poste de la Présentation avait écumé près du fort Kouari et Corlar.Un troisième groupe de guerriers, s’apprêtait à partir aussi vers la même destination. Boishébert, plus jeune capitaine de la colonie, passait prendre ses hommes à Québec en destination d’appui du côté de Miramichi, près de Louisbourg
A Carillon, autour du quinze mars, selon Antoine de Bougainville, le sieur d’Hébécourt, commandant le poste, avertit par les Abénaquis que des pistes fraiches, avaient été découvertes et qu’une armée britannique arrivait du côté de St Frédéric. Selon les prisonniers et les mémoires de Pouchot, ces troupes venaient de la capitulation de Closter-Seven et leur général Loudon était en conflit avec Shirley…Mr de la Durantaye partit avec deux cent Iroquois du Sault St Louis, suivit de Mr de Langis de Montegron, de Fourrat, lieutenant de la Sarre et d’Aresne, sous lieutenant de Béarn…
Montcalm le considérait comme un de ses meilleurs guides et adeptes des coups de main…On retrouve à travers une lettre au Gouverneur Vaudreuil, le 2 novembre 1757, des éloges à son égard, disant que Monsieur Langis de Montegron à toujours été efficace, compétent et courageux…
Mars 1758, Côté Anglais
Une reconnaissance fut décidée en zone nord de Carillon et St Frédéric (Crown Point).Les temps étaient dures pour cela et nombreuses expéditions tombaient aux mains des partisans Franco-amérindiens. Le souvenir récent de deux colonnes interceptées comme celle du convoi de traineaux du 6 mars, allant de fort Edouard à Albany. Ceux-ci furent surpris en embuscade sur la rivière de l’Hudson gelé et un rangers fut fait prisonnier à cette occasion…
Le 10 mars, Rogers écrit qu’il campa sur la route menant au lac George, la 1ere nuit. Le 2eme jour, ils passent devant les ruines calcinées de fort William Henry. Ils campent le soir sur la rive est du lac. Le 3eme jour, le 12 mars, ils avancent, raquettes aux pieds et le 4eme jour, celui de la bataille, ils dressent une embuscade. Les Compagnies Franches de la Marine , 200 Iroquois de Kahnawaké ou Sault St Louis et quelques Népissings du Lac-des-Deux-Montagnes, sont arrivés la veille. Les éclaireurs indiens avaient décelé la présence de la colonne anglaise dans la neige. L’alerte est donné dans le camp Français et plusieurs colonnes se forment à la rencontre des godons.Quelques marins se joignent à l’expédition.
La Bataille des Raquettes ( Snowshoes )
Placés en embuscade, les rangers de Rogers tirent un feu nourri sur l’avant-garde française, commandé par la Durantaye , sans attendre, les anglais scalpent les victimes, pendant que la Durantaye bas en retraite. Cette pratique du scalp fut largement encouragé par les colonies britanniques payant les chevelures par distinction d’ethnie ou de sexe…Croyant à la victoire les anglais avancent sur la durantaye, mais c’était sans compter sur la colonne du chef de partisans « Langy » qui fit une manœuvre de contournement et surgit sur les rangers anglais de Rogers.La surprise fut terrible pour les anglais, devant l’acharnement des miliciens Canadiens et les Amérindiens, excités devant l’image de leurs frères scalpés. Devant cette terrible attaque, en plein hiver, dans les bois, le fusil n’est plus la principale défense, c’est le règne du « casse-tête », du tomahawk (hache) et du couteau. Les meilleurs soldats britanniques tombent, comme le dit Pouchot : « Il s’était joint 11 officiers ou volontaires à ce détachement, dont 4 étaient des régiments venus dernièrement de l’Angleterre ». Ils furent durement étrillés, perdirent de nombreux hommes et faillirent même être entièrement exterminés. Tombent le lieutenant Moore et l’enseigne Mac Donald, le capitaine Bulkeley et tous ces officiers sont tués ou blessés. C’est un carnage pour les anglais, tandis que tel des bêtes fauves, les Franco-amérindiens déciment les rangs britanniques. Il faut dire que les rangers étaient haïs pour leur extrême sauvagerie et massacres inutiles…Rogers fuit vers les hauteurs du Mont-Chauve. Cinquante hommes tombent encore durant la fuite. Langy et la Durantaye , maintiennent la pression sur les restes de la colonne éparpillée et se repliant sur les hauteurs. L’obscurité seule sauva quelques survivants anglais de Rogers, pris de panique mais craignant les Franco-amérindiens.
Les guerriers ramenèrent 144 scalps et 7 prisonniers (selon Pouchot 146 tués). Ecoutons Pierre Pouchot dans ses « Mémoires sur la dernière guerre de l’Amérique septentrionale » : « Nous eûmes dans cette affaire 5 Iroquois du Saut tués, un Nepissin du Lac et 3 autres Iroquois blessés à mort. C’est encore une action des plus vigoureuses des Sauvages. Ils avaient à faire à un détachement d’élite de volontaires, sous la dénomination de découvreurs ».Après les errements dans la nuit et le froid, cinq britanniques arrivent au fort Carillon, exténués et mourant de faim, le 20 mars…Langy, avec ses Iroquois, était revenu, tandis que trois de ses Outaouais étaient restés terrasser un convoi de 30 traînes, en ramenant deux scalps…Rogers, dans sa fuite, laissa son manteau, « sa commission et ses instructions» (Pouchot)
Le 6 mai, du côté de Carillon, « Détachement de Mr de Langy à rapporté quatre chevelures », toujours selon Bougainville. En mi-mai, après l’enlèvement de quatre hommes, 2 morts et 17 autres attaqués dans les bois, Mr de Langy part avec ses amérindiens,  quérir des informations en ramenant 3 prisonniers…Il repart peu de temps après, le 17, avec 25 guerriers, vers Orange et fort
Edouard. « Dans ce mois, M.de Langis brûla 500 berges et la barque des Anglais sur le lac George, et prit ou tua 40 hommes qui les gardaient. »(Pouchot).  Le 31, il est à Montréal, ses guerriers ont pris 3 scalps. Le 13 juin, il part pour Carillon avec 80 guerriers : « Quelques Sauvages ont enlevé un Canadien vers le lac St François.» (Bougainville)
Le 27 juin, des rumeurs parlent d’un établissement anglais au fond du lac St Sacrement, sur les ruines du fort George. Il s’agit de connaître leurs intentions. Bougainville commente :
« Il a passé le soir et toute la nuit plusieurs canots de Sauvages Algonquins, Népissings, Iroquois du lac, qui retournent à Montréal et de là dans leurs villages avec 19 prisonniers faits par eux, Mr de Langy à leur tête, dans une isle du lac St Sacrement. »
Le 4 juillet, de Langy part avec 150 hommes, dont 104 volontaires des bataillons de Montcalm, 25 Canadiens et 20 guerriers, pour observer les ennemis au fond du lac St Sacrement…
Langy fut blessé durant la victoire éclatante de Carillon, aussi nommé Ticondéroga, le 8 juillet, où 3500 français écrasèrent 15000 britanniques…
La batailles des Raquettes, fit de Langy, la terreur des anglais, une épine constante sur leur côté. On l'a loué comme le plus célèbre des Canadiens français partisans, le rival le plus audacieux des rangers.La dernière mention de Langy est dans le journal de Pierre Pouchot : « Ce fut de là que durant l’hyver on forma des partis qui amenaient toujours quelques prisonniers. Langis en fit encore d’heureux dans ce printems. Cet officier, le meilleur partisan des troupes de la colonie, qui avait si bien servi les deux dernières campagnes, se noya malheureusement en voulant traverser la rivière dans un canot avec deux hommes. Elle n’était pas absolument prise dans les bords ; mais un morceau de glace s’étant détaché tout-à-coup, il tomba sur le canot et le noya. »
Souvenons-nous
Frédéric Winkler
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