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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 19:17

       Ces manifestations, qui ont commencé en début de semaine dernière, sont les plus importantes depuis 20 ans et ont pris une nouvelle ampleur jeudi.

Un million de manifestants ont défilé jeudi dans les rues des villes brésiliennes en dépit de la décision d'abroger la hausse des tarifs des transports en commun, élément déclencheur de la contestation.

Ces manifestations, qui ont commencé en début de semaine dernière, sont les plus importantes depuis 20 ans et ont pris une nouvelle ampleur jeudi.

Outre le prix des transports publics, jugé éhonté, les Brésiliens protestent contre l'inflation, la corruption, la violence policière et la déficience des services publics, des soins médicaux jusqu'à l'éducation.

A Rio de Janeiro, 300.000 personnes ont battu le pavé jeudi, avant que la police n'intervienne pour chasser les pillards et disperser la foule.

A Ribeirao Preto, près de Sao Paulo, un manifestant âgé de 20 ans est mort écrasé par une jeep qui a foncé sur la foule.

Impassibles après la décision de plusieurs municipalités d'abroger la hausse des tarifs dans les transports en commun, les manifestants ont défilé près des stades de Rio et de Salvador, qui accueillaient des rencontres de la Coupe de football des Confédérations.

Dans le stade Maracana de Rio, les supporters de football ont entonné des chants de révolte et crié leur soutien à la foule des Cariocas descendus dans les rues.

A Salvador, dans le Nordeste, des heurts ont éclaté entre policiers et manifestants. La police a fait usage de grenades lacrymogènes pour disperser la foule.

Des défilés ont également eu lieu à Manaus, la plus grande ville d'Amazonie, ainsi que dans la ville prospère de Florianopolis, dans le sud du pays.

DES REVENDICATIONS MULTIPLES

A Sao Paulo, la plus grande ville du pays, près de 110.000 personnes se sont rassemblées dans l'emblématique avenue Paulista, selon la police.

"Vingt cents, ce n'était que le début", pouvait-on lire sur de nombreuses pancartes, ce qui fait référence à la baisse des tarifs des tickets de bus consentie par les autorités de la ville.

"Pour quoi je manifeste? Vous devriez plutôt me demander pour quoi je ne manifeste pas! Nous avons besoin d'une réforme politique, fiscale, de mettre fin à la corruption, nous avons besoin de meilleures écoles, de meilleurs transports. Nous ne sommes pas en mesure d'accueillir la Coupe du monde", tempête Savina Santos, 29 ans, fonctionnaire à Sao Paulo.

A Brasilia, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé en début de soirée sur la célèbre place des Trois Pouvoirs, entre le bâtiment du Congrès national, la Cour suprême et le palais présidentiel, en plein coeur de la capitale.

Les manifestants ont brièvement mis le feu au parterre situé devant le bâtiment du ministère des Affaires étrangères, dessiné par l'architecte Oscar Niemeyer.

Près de 80 manifestants, dont certains en possession d'engins explosifs artisanaux selon la police, ont pénétré dans le bâtiment avant d'être évacués.

La police a fait usage de grenades lacrymogènes et de gaz poivre à Rio, Brasilia, ainsi que dans d'autres villes. Des chevaux, des barricades et des camions ont également servi à contenir la foule des manifestants.

Si les manifestations sont en majorité non-violentes, le nombre croissant de participants fait monter la pression.

Le regain de la contestation a poussé la présidente Dilma Rousseff à annuler un déplacement au Japon, prévu du 26 au 28 juin, a annoncé la présidence.

Pris au dépourvu, le gouvernement a également convoqué une réunion d'urgence vendredi, selon une source gouvernementale.

Selon les médias locaux, des centaines de personnes ont été légèrement blessées depuis le début des manifestations. A Rio, un journaliste de télévision a été atteint par une balle en caoutchouc tirée par la police.

CHANGER LE PAYSAGE POLITIQUE

Alors que la colère des manifestants se focalisait au départ sur une légère augmentation locale du prix des tickets de bus et de métro, le mouvement a pris de l'ampleur et a débordé Sao Paulo, agrégeant les récriminations d'une partie de la population choquée par le budget consacré à la construction des infrastructures qui accueilleront la Coupe du monde.

Les autorités brésiliennes espèrent que le Mondial 2014 puis les Jeux olympiques de 2016 à Rio seront l'occasion d'illustrer la place grandissante du pays, puissance émergente, sur la scène internationale.

Mais pour les manifestants, l'écart entre les milliards de dollars investis pour l'événement et l'état des services publics est criant.

Dans un rapport récent, la cour fédérale des comptes estimait que les dépenses engagées pour la Coupe du monde excédaient déjà de 15% au moins le budget initial fixé à 24 milliards de reais (un peu plus de 8 milliards d'euros).

Ce mouvement de colère intervient par ailleurs à six mois d'une année politique cruciale pour ce pays de près de 200 millions d'habitants, avec l'élection présidentielle et les législatives prévues en octobre.

Les manifestations rassemblent en majorité des électeurs de la classe moyenne éduquée, qui n'appartiennent pas à la base électorale traditionnelle du Parti des Travailleurs au pouvoir. Ce dernier est issu de la résistance à la dictature militaire et des manifestations du mouvement ouvrier et syndical à la fin des années 1970. Jusqu'à ces dernières semaines, la popularité de Dilma Rousseff était encore très élevée.

L'économie brésilienne, florissante sous les deux mandats de Luiz Inácio Lula da Silva, est entrée dans une période d'incertitude. La forte croissance, qui était encore de 7,5% en 2010, a considérablement freiné: l'an dernier, le PIB brésilien n'a crû que de 0,9%. L'inflation frôle, elle, les 6,5%.

reuters

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