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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 19:13

Le XIe congrès du parti Russie unie a démontré la solidité et l'invulnérabilité du tandem qui dirige la Fédération de Russie.

Le principal événement du congrès a été l'adoption du programme fondé, à la fois, sur le "Plan Poutine", "Stratégie-2020", l'article du président russe Dmitri Medvedev "Russie, en avant!" et son Message à l'Assemblée fédérale (parlement). Aucune divergence entre les documents n'a été constatée, ils constituent ensemble une sorte de "cathéchisme" de Russie unie.

Les deux hauts dirigeants russes ont participé au congrès et pris la parole devant les délégués. Le président Dmitri Medvedev qui a assisté au congrès en tant qu'hôte d'honneur a présenté, en fait, le principal rapport politique. Le premier ministre russe Vladimir Poutine, leader du parti, a consacré son discours, pour l'essentiel, aux problèmes économiques desquels il assume la responsabilité en tant que chef de gouvernement.

Dmitri Medvedev a également abordé les problèmes économiques, mais seulement sur un plan général. "Les conséquences de la crise globale ont pu être considérablement affaiblies grâce à la coopération entre les structures de la société civile, le parti et les organes du pouvoir de tous niveaux", a-t-il constaté. Ensuite, il a développé ses sujets de prédilection de ces derniers temps: l'état désastreux de l'économie nationale dont il a hérité des dirigeants précédents et la nécessité de la moderniser d'urgence.

Le président a souligné qu'il avait parlé en détail de ces questions dans son article "Russie, en avant!" et dans son Message, c'est pourquoi il ne voulait pas en reparler. Mais il a trouvé des mots nouveaux et de nouvelles nuances pour son " huile sur toile" décrivant l'état actuel de la Russie :

«Une économie arriérée reposant sur les matières premières ne peut être qualifiée d'économie au sens contemporain du terme que conventionnellement, et ne garantit pas le bien-être national de façon substantielle et stable. La santé de notre société ne dépend absolument pas de facteurs que nous contrôlons, mais des oscillations et des caprices de la conjoncture mondiale".

Le chef de l'Etat en a tiré la conclusion logique: "Si nous continuons à être un pays vivant sur les matières premières, nous allons piétiner et, par conséquent, dégrader". Il a tout de suite rappelé à l'assistance: "Russie unie ne pourra conserver ses positions dominantes dans le système politique qu'à condition de pouvoir non seulement stabiliser la situation dans le pays, mais aussi de moderniser l'économie". Bien plus, il a proposé aux délégués du forum de Russie unie et à ses dirigeants "non seulement de contribuer à la modernisation", mais aussi de mener ce processus. Il n'y a pas eu d'objections.

Par conséquent, le principal parti politique russe qui vient d'annoncer l'adoption de l’idéologie du "conservatisme russe" doit se positionner aussi comme un "parti de la modernisation". Il est vrai que ce n’est pas stipulé dans son programme. Ce credo du parti doit être, pour ainsi dire, sous-entendu. Le président de la Douma (chambre basse du parlement russe) Boris Gryzlov a également déclaré que les adhérents de Russie unie professaient " une idéologie de la stabilité et du développement, du renouveau créateur permanent de la société sans stagnations ni révolutions". C'est, en fait, une "modernisation non violente", dont la nécessité est sans cesse soulignée par Dmitri Medvedev.

Dans son discours au congrès de Russie unie, le président a abordé aussi bien les problèmes de politique générale que les problèmes intérieurs du parti. Il a approuvé, dans l'ensemble, le rôle joué par le parti dans "la modernisation du système politique de notre pays" et rappelé que le parti Russie unie ne pourrait enregistrer de changements que s'il changeait lui-même. Il lui a aussi légèrement reproché ses certains défauts.

Par exemple, Dmitri Medvedev n'apprécie pas le fait que certaines sections régionales du parti "réduisent leur activité politique à des intrigues de bureau et des jeux politiques". C'est la raison pour laquelle "les élections qui doivent être une expression de la volonté du peuple, une compétition des idées et des programmes", se transforment parfois, selon le président, "en histoires personnelles quand les procédures démocratiques sont confondues avec les procédures administratives". Il faut insister pour se débarrasser de ces "mauvaises habitudes politiques", de même que des fonctionnaires ayant ces habitudes. Quant au parti, il faut le "moderniser" aussi, "le rendre plus souple, plus transparent". Dmitri Medvedev est certain qu'il faut apprendre à "vaincre dans une lutte ouverte".

On peut déduire de ces souhaits et de cette critique amicale que le président n'est pas content des élections régionales du 11 octobre dernier et du comportement des structures du parti Russie unie en province. Dmitri Medvedev a jugé nécessaire de faire connaître publiquement son mécontentement aux cadres du parti, bien que sous une forme atténuée.

En même temps, le chef de l'Etat a chaleureusement approuvé deux amendements importants apportés aux Statuts du parti qui ont également été adoptés au congrès: la participation obligatoire des représentants de Russie unie aux débats politiques à toutes les élections et la désignation des candidats sur la base d’un vote préalable dans les partis, c'est-à-dire aux élections primaires.

D'ailleurs, le parti Russie unie a été âprement critiqué par ses opposants politiques justement pour son refus de participer aux débats électoraux. Ce changement significatif de position peut être considéré comme un signe réel de la modernisation qui commence.

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Published by Jean-Théophane
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