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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 22:11

Un nouveau round des consultations des représentants de l'UE, de l'ONU, de l'OSCE, de la Russie, des Etats-Unis, de la Géorgie, de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud sur la sécurité dans le Caucase a commencé le 11 novembre à Genève.

Le parlement de la Republique d'Abkhazie a fixe l'election presidentielle au 12 decembre. Ce sera la premiere election presidentielle depuis la reconnaissance officielle de cet Etat riverain de la mer Noire par la Russie. Le ministre des Affaires étrangères de la république, Sergueï Chamba, a commenté, dans une interview à RIA Novosti, la situation politique intérieure à Soukhoumi et les traits spécifiques du "modèle abkhaze" de démocratie.

- Quels sont les problèmes politiques de la société abkhaze à la veille de l'élection présidentielle? Les commentaires de la presse russe diffèrent sur ce sujet …

- Les élections manifestent toujours le niveau de développement politique intérieur d’un pays. La précédente élection présidentielle a montré que l'Abkhazie avait beaucoup travaillé en ce sens. A la suite d'une lutte politique difficile, l'opposition est arrivée au pouvoir, et ce changement s'est produit dans le cadre de la constitution. Cela nous diffère de certains de nos voisins qui changent chaque fois de pouvoir par une révolution, des insurrections ou en transmettant le pouvoir en héritage.

Chez nous, cela s'est produit autrement. La société civile est développée, tous les observateurs extérieurs l'attestent. Nous avons plusieurs partis et personne n'est persécuté pour ses convictions. Ces faits prouvent que notre société est prête pour la prochaine élection présidentielle. J'estime qu'elle se déroulera dans une atmosphère de concurrence honnête.

- Les médias parlent de certains événements intérieurs provoquant l'indignation de la société abkhaze. Comme récemment par exemple la remise de passeports (carte d’identité) abkhazes à la population géorgienne du district de Gali d'Abkhazie placé sous juridiction de Soukhoumi après la guerre des cinq jours. La société abkhaze, est-elle effectivement indignée par ce fait?

- Bien entendu, avant les élections, ces actions des autorités retiennent surtout l’attention de la société, car les partis différents luttent pour leur électorat … D'autre part, les dirigeants abkhazes prouvent que notre société ne se construit pas selon l'appartenance ethnique ou religieuse: nous estimons que tous ceux qui vivent en Abkhazie et qui veulent être citoyens de l'Abkhazie doivent jouir des mêmes droits. Personne ne pousse à recevoir des passeports abkhazes: c'est un choix libre des gens et auquel nous ne pouvons pas opposer de refus. Certains s'y opposent, à cause de la guerre entre la Géorgie et l'Abkhazie, mais cela ne concerne pas les Géorgiens qui vivent en Abkhazie. Notre objectif est d’harmoniser la société civile.

- Faut-il s'attendre à l'apparition prochaine de nouveaux documents et de nouvelles mesures pour le rapprochement entre l'Abkhazie et la Russie, ou bien le rapprochement est-il déjà juridiquement assuré?

- Nous cherchons des partenaires dans le monde entier, entre autres, parmi nos plus proches voisins, mais cet objectif n'est pour l’instant pas une question de vie ou de mort. Nous pouvons régler tous les problèmes vitaux conjointement avec la Russie, car l'Abkhazie est un petit pays et la Russie est notre plus proche voisin. Nos rapports actuels s'inscrivent dans une '"alliance stratégique". Cela garantit entièrement notre sécurité et nous estimons que cet objectif de notre politique étrangère comme atteint. A présent, nous avons les possibilités d'assurer notre développement économique et nous pouvons y parvenir en coopérant avec la Russie.

Les rapports russo-abkhazes sont reflétés dans le Traité d'amitié, de coopération et d'assistance mutuelle. A ce jour, c'est une base juridique suffisante pour nos relations bilatérales. La tâche actuelle de l'Abkhazie est de profiter de cette chance providentielle.

- Pensez-vous que des forces politiques qui renonceraient à des exigences inadmissibles pour l'Abkhazie peuvent arriver prochainement au pouvoir en Géorgie? Par exemple, à l'exigence d'accueillir en Abkhazie des dizaines de milliers de réfugiés géorgiens.

- C'est une question difficile. J'estime que c'est peu probable. A en juger par ce que nous observons en Géorgie, cette société n'est pas encore tout à fait assainie.

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Published by Jean-Théophane
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